‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 107 sur 319 · Voir p · texte numérisé non relu

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TtllBUS, NATIONS ET PEUPLES. 100

mais c'est, autant qu'il semble, aux Grecs et aux Romains qu'ils ont dû leur extension, variable selon les limites des Etats et des provinces.

Le terme ra'-Toù).o'. *, Gaetuli-, se rencontre depuis la fin du second siècle avant notre ère^ Il désigne des indigènes qui paraissent avoir été auparavant confondus dans l'ensemble des peuples appelés Numides. On peut supposer, mais non prouver, que, comme Masœsyles, xMassyles, Maures, et peut-être Numides, c'était primitivement le nom d'une tribu*, nom qui aurait été ensuite étendu à beaucoup d'autres.

Jamais, cependant, les Gétules ne constituèrent un Etat'. C'étaient les habitants d'une vaste zone, s'allongeant au Sud des régions, voisines de la Méditerranée, où vivaient les Maures, les Massesyles, les Massyles, les sujets de Carthage et de Rome;

1. Ou FaÎTouAQi : voir le grammairien Hérodien, apud Eustathe, dans le commentaire à Denys le Périégète, v. 215 (Geogr. Gr. min., II, p. 254). Artémidore écrivait Fai-cyAioi (Etienne de Byzance, s. v. FaiToÛAQi), ou peut-être FacTO-j/ioi (Eustathe, l. c).

2. L'a est souvent omis. Gaituli, forme archaisante, dans une inscription de l'époque de Claude : C. /. L., X, 797.

3. On ne le trouve pas dans Polybe. C'est à quelque chroniqueur romain que Tite-Live (XXllI, 18, 1) emprunte un récit où figurent des Gaetuli au service d'Hannibal. Mention dans Artémidore, tout à la fin du ii" siècle : Etienne de Byzance, l. c. Eustathe, /. c. (conf. Fragm. hist. Graec, 111, p. 488) attribue par erreur cette mention à Athénodore de Tarse, contemporain d'Auguste. Salluste (Jtig., XVIll, 1) nous apprend que les libri Panici du roi Hiempsal indiquaient les Gaetuli et les Libyes comme les plus anciens habitants de l'Afrique. Autres mentions des Gétules dans le Jugurlha de Salluste (passitn), dans le Bellum Africain {idem), dans Virgile, Enéide, IV, 326; dans Strabon (passim, en partie, sans doute, d'après Artémidore et Posidonius); etc.

4. De nombreux auteurs modernes (Marmol, Ghénier, de Slane, Vivien de Saint-Martin, Faidherbe, Reclus, Tissot, Quedenfeldl, Cat, Schirmer, etc.) ont fait des rapprochements, qui ne sont nullement convaincants, entre le nom antique Gaetuli et des noms de tribus berbères : 1° les Gazzoula, qui, à l'époque des Almoravides, quittèrent le Sahara, où ils vivaient, pour aller s'établir dans le Sud du Maroc; on en retrouve encore à l'Est du Sous, entre le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas ; 2" les Gaddala, dans le Sahara occidental; .3° les Guechtoula, dans la grande Kabylie, pays qui était en dehors de la Gétulie.

5. Strabon (XVll, 3, 2) dit des Gétules qu'ils sont le plus grand des peuples libvques (conf. Eustathe, /. c). En réalité, c'était une longue traînée de tribus : « Nalio frequens multiplexque Gaetuli •, écrit Pomponius Mêla (I, 23). Une inscription du I"' siècle de notre ère (C. /. L., V, 5 267) mentionne un préfet de six de ces tribus : « nation(um) Gaetulicar(um) sex quae sunt in Numidia ».

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au Nord de la lisière saharienne, qu'occupaient çà et là des Éthiopiens \ La Gaetulia^ était donc une expression géographique, s'appliquant à une suite de plaines, en général sèches et nues % et aussi aux chaînes de montagnes qui les bordent du côté du désert*. Les limites méridionales de cette zone séparaient les domaines des blancs et des noirs. Mais nous n'avons aucune preuve que la Gétulie ait eu au Nord des frontières anthropologiques. Comme la structure du sol et le climat n'imposaient pas non plus une démarcation précise, il est permis de croire que le nom de Gétules fut donné aux peuplades qui, lors de la constitution des royaumes maure, masaesyle et massyle, restèrent en dehors de ces Etats.

Au Maroc, il y avait des tribus gétules entre l'oued Bou Regreg% le littoral de l'Océan'' et l'Atlas'', ainsi que dans l'Atlas même ^ La principale était celle des Auto-

1. Voir Salluste, Jug., XIX, 5; SLrabon, II, 5, 33; XVII. 3, 2; ibid., 9 et 19; Pline l'Ancien, XXI, 77; Ploléinée, IV, 6, 5 (p. 742, édit. Muller).

2. Ce nom se trouve pour la première fois dans Varron (Bust., II, 11, 11). Il était employé par Agrippa (voir Dimens. prov., 25, et Divis. orbis, 26, apud Riese, Geogr. Lat. min., p. 13 et 19). Etc.

3. Conf. Strabon, XVII, 3, 9 et 23; Saint Augustin, De ordine, II, 5, 15; Enarr. in Psalm., CXLVIII, 10.

4. Montagnes dans le paya des Gétules : Strabon, XVII, 3, 19; Pline, XXV, 78-79; Apulée, ApoL, XLI, 5.

5. La ville de Sala (auprès de Rabat, à l'embouchure de l'oued Bou Regreg) était, dit Pline (V, 5), exposée aux al laques de la tribu (gélule) des Autololes, « per quam iter est ad monlem Atlanlem ».

0. Hiempsal, apud Salluste, Jug., XVIII, 5 el 7. Agrippa, apud Pline, V, 9 : « Gaetulos Autoleles » [corriger sans doute Autololes], sur la côle, au delà du promunturium Solis (cap Cantin) el du portus Rhysaddir (Mogador? : voir L II, p. 178). L'île d'Héra, située, selon Ptoicmée (IV, 6, 14, p. 753, avec la correction certaine proposée par Miiller), en face" des Autololes, paraît bien être l'Ile de Mogador (conf. Pline, VI, 201 : mention d'« insulae ex adverso Autololum ») : voir t. I, p. 522, n. 6. C6le gélule de l'Océan : Mêla, 111, 104; Pline, V, 12, et IX, 127.

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