‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 114 sur 319 · Édit. Parthey et Pinder, p · texte numérisé non relu

Édit. Parthey et Pinder, p

5. Ce que croit Masqueray pour les Béni Barbar {Rev. afric, XXII, 1878, p. 136).

6. Elle est déjà indiquée par Marmol et elle a été soutenue par Ghénier, Malte- Brun, Castiglioni, de Slane, Fournel, Meltzer, Schirmer, etc.

7. Ruge, dans Real-Encyclopadie de Pauly-Wissowa, II, p. 2858. Pour un passage d'Hérodote qu'on a mal interprété, conf. t. I, p. 337, n. 2.

Bellum Africum jusqu'à Corippus', prouvent que les Romains donnaient ce nom de barbarl aux Africains qui n'avaient ni leur langue, ni leurs mœurs : c'était un terme dédaigneux, que les indigènes ne devaient pas accepter volontiers. Il est intéressant de remarquer qu'un petit écrit grammatical qui peut dater du iii^ siècle, liste de locutions vicieuses, condamne l'emploi de harbai\ pour barbarus-; or cette liste a été très probablement composée à Carthage^ Dans le latin populaire d'Afrique, barbants avait donc pris la forme que les Arabes adoptèrent.

Les conquérants musulmans trouvèrent à leur venue deux populations distinctes : l'une parlait le latin et était chrétienne, l'autre avait gardé sa langue, ses coutumes, et, le plus souvent, ses divinités païennes. C'étaient, d'une part, les Bomani, d'autre part, les barbari; conservant ces dénominations, les Arabes appelèrent les premiers Roum, les seconds Brâber^. Ce dernier nom se maintint dans les œuvres littéraires, mais beaucoup moins dans la langue parlée, qui n'a plus aujourd'hui de ternie général pour désigner ceux que les Français, à la suite des Grecs, des Romains, des Arabes, appellent Berbères. Il ne s'applique plus guère qu'à un groupe important de montagnards marocains.

Il faut donc renoncer à y voir un nom ethnique d'origine indigène et de date lointaine.

Il en est autrement du nom Amazigh, Tamazight au féminin, Imazighen au pluriels Beaucoup de Berbères se qualifient

1. Schirmer {l. c, p. 32 et suiv.) en cite un certain nombre. 11 me paraît superflu d'en ajouter d'autres. Sur des inscriptions : C. /. L., VIII, 9 158, 9 324 (où l'on a gravé par erreur babaris, au lieu de barbaris), 18 219, 18 275, 20 827.

2. Appendix Probi, édil. Heraeus, dans Archivfiir latein, Lexikographie, XI, p. 397. Voir aussi Probus, dans Gramm. Lat. de Keil, lY, p. 102.

3. Voir G. Paris, dans Mélanges Renier, p. 301 et suiv., et dans Mélanges Boissier, p. 5 et suiv.

4. Un troisième groupe est parfois distingué : les Afarelc (du mot latin Africa), chrétiens mi-indigènes, mi-Romains : voir t. VII, 1. I, ch. i, § I.

5. Sur le nom Imazighen-Mazices, voir Schirmer, L c, p. 42 et suiv.

eux-mêmes ainsi : les habitants du Rif marocain; ceux du Moyen et du Haut-Atlas (les Brâber des Arabes)'; des gens qui parlent un dialecte berbère à Sened,- dans la Tunisie méridionale ■■^; des indigènes du djebel Nefouça, en Tripolitaine; une tribu de la région de Ghadamès, au Sahara^; les Touareg de l'Air \ Divers dialectes sont appelés tamazight : ceux du Rif, des Brâber, de l'Aurès, de Figuig, de Sened, de Djerba, du Mzab, etc. La grande extension de ce terme est attestée par des généalogies dressées au moyen âge ^^ où un héros légendaire, Mazigh, est indiqué comme l'ancêtre d'une des deux races des Berbères, les Beranès'^; où une femme, Tamzight^ figure parmi les ancêtres de l'autre race, les Botr^

Le même nom apparaît dès l'antiquité. Il a été donné à des individus : on le trouve employé ainsi dans des inscriptions libyques, sous la forme MSK^; dans des inscriptions romaines, sous les formes Mazic^, Masik^'^. Mazix^\ au féminin Mazica^-. avec une désinence latine; Masac^^ est peut-être le même nom, prononcé d'une manière un peu différente ^'\

C'était aussi, aux premiers siècles de notre ère, le nom de

1. Voir, entre autres, Destaiiig, Dialecte des Ait Seghrouchen, p. lxx.

2. Provotelle, Étude sur la tamazirH ou zenatia de Qalaâ es-Sened [Paris, 1911), p. 3.

3. De Foucauld, Dictionn. touareg- français, I, p. 452. Les Béni Mazigh sont une fraction de la population de Ghadamès : Duveyrier, Sahara algérien et tunisien. Journal de route, p. 165, n. 1; Donau et Pervinquière, dans Bull, de géogr. histor. du Comité, 1912, p. 483, n. 4.

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