‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 121 sur 319 · Conquérants du plateau iranien et d'une partie de l'Inde · texte numérisé non relu

Conquérants du plateau iranien et d'une partie de l'Inde

Gomment s'explique l'extension de ce nom à de nombreux groupes de Berbères? Un peuple conquérant' aurait-il, aune époque inconnue, dominé sur une bonne partie de l'Afrique du Nord, en y répandant la langue libyque et en se distinguant par son nom de ses vassaux et sujets^? Il aurait été ensuite morcelé et dispersé en un grand nombre de tribus. Mais on pourrait faire d'autres hypothèses, qu'il n'est même pas utile de présenter ici, car on n'aurait aucun argument solide pour les soutenir.

1. On pourrait se demander si ce n'étaient pas des conquérants d'origine étrangère. Selon Hérodote (IV, 191), les Maxyes • disent qu'ils ont pour ancêtres des Troyens ». Mais cette assertion n'a sans doute aucune valeur : voir Gsell, Hérodote, p. i 19-120, et ici, t. I, p. 316.

2. 11 y a encore chez les Touareg des tribus nobles et des tribus vassales : voir, entre autres, Duveyrier, Les Touareg du Nord, p. 329.

Dans les États qui se formèrent en Bertérie avant la conquête romaine, la royauté était surtout un commandement guerrier. Il convenait qu'elle fût exercée par des hommes. Nous ne voyons pas que les femmes y aient été admises*, à l'exception de Gléopâtre Séléné, qui, aux environs de notre ère, fut très probablement associée à son mari Juba II, l'avant-dernier roi de Maurétanie*. Mais c'était une étrangère, fille d'une Egyptienne et d'un Romain, et, si l'hypothèse d'un partage de la royauté entre elle et Juba est fondée, ce partage fut imposé par la volonté de l'empereur Auguste. Aux temps où les Etats indigènes jouissaient de leur indépendance, l'autorité royale paraît avoir été réservée à des mâles.

Elle était héréditaire. Mais ce principe ne fut pas appliqué d'une manière uniforme : on constate divers modes de transmission.

Chez les Massyles, au m® siècle avant J.-C, la royauté était la propriété d'une famille, dans le sens large de ce terme, c'est-àdire d'un ensemble d'agnats remontant par les mâles à un ancêtre commun. Il s'agissait d'un ancêtre réel, fondateur histo-

Page 1