Voir t. VllI, 1. Il, ch. II
rique de la dynastie. Ce fut sans doute plus tard que le désir de rehausser le prestige de la famille royale fit éclore des généalogies mythiques, lui attribuant une lointaine origine divine ^ Divine ou simplement humaine, elle formait dans la nation un groupe privilégié; ses membres avaient droit à des honneurs spéciaux^.
Dans cette famille, le chef était le plus âgé des mâles vivants, issus de mariages légitimes. A lui appartenait la royauté ^ A sa mort, elle passait à celui qui devenait l'aîné du groupe d'agnats. Telle fut la règle suivie lors de la mort de Gaïa*, vers 207 : il eut pour successeur, non pas son fils Masinissa, alors âgé d'une trentaine d'années, mais son frère Œzalcès, déjà vieux. Œzalcès étant mort bientôt après, son fils aîné, Capussa, lui succéda : il devait être plus âgé que Masinissa, car rien n'indique que celui-ci ait eu alors à faire valoir des droits légitimes ^
Cet ordre de succession n'était pas propre aux Massyles. Il fut usité chez d'autres peuples: par exemple, à la même époque, dans la péninsule ibérique''; plus tard, nous le retrouverons en Afrique chez les Vandales^; il existe encore dans le beylicat de Tunis ^, où il a été emprunté aux Turcs. On peut supposer qu'à l'origine, la même règle, application du droit commun dos familles agnatiques ", était en vigueur dans les autres royaumes indigènes, chez les Masœsyles et les Maures.
1. Voir t. VI, I. II, ch. ii, § V (Hercule, ancêtre des rois indigènes).
2. Tite- Live, XXIX, 30, 11 : honneurs dont jouissent OEzalcès sous le règne de son frère Gaïa, Lacumazès sous son cousin Masinissa.