‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 146 sur 319 · Conf. t, I, p · texte numérisé non relu

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diffusion de l'Islam, les croyances religieuses ne paraissent pas avoir créé des liens. Les Grecs, les Gaulois, malgré toutes leurs discordes, ont conscience d'être frères : il n'en est pas ainsi des indigènes africains.

Ils n'éprouvent surtout aucun désir de s'unir sous un maître, qui, pour maintenir son autcJrité, doit exiger d'eux des sacrifices. Tite-Live', — c'est-à-dire Polybe, qu'il copie, — constate leur haine de la royauté; plus tard, les Berbères se vantent de mettre une bride à leurs souverains, comme à leurs chevaux^. Ils ont un tempérament anarchique et le besoin, presque maladif, d'une agitation dont les résultats sont nuls, ou ne valent pas l'effortdépensé . Dans l'antiquité, on nous les montre tels qu'ils ont toujours été : inquiets, mobileS;, turbulents, prompts à lacolère etàlarévolte^

Les tribus qui vivent dans les montagnes, à l'abri des nomades, y sont également à l'abri du roi, dont la protection leur est superflue. Les bandes de cavaliers pillards qui se répandent tout à coup dans les plaines se retirent aussi vite qu'elles sont venues, avant qu'on ait le temps de les rejoindre. Les grands nomades, ces Gélules qui, à la fin du printemps, sortent des steppes pour gagner le Tell, ont moins de mobilité, car ils traînent avec eux leurs familles et leurs troupeaux; mais, soit par nécessité pastorale, soit par goût de la rapine, ils abusent volontiers de l'hospitalité qu'ils reçoivent; loin dans le Sud, ils ont des lieux de recel, difficiles à atteindre et à forcer. Les agriculteurs sont d'un maniement plus aisé; cependant, d'eux aussi, il faut craindre des désordres, surtout dans les mois d'été où le soleil échauffe les têtes, où, la moisson étant faite et rentrée, l'inaction est mauvaise conseillère, où le souverain réclame sa part delà récolte nouvelle. Partout, les villes, les villages, les refuges ont des défenses naturelles ou faites

1. XXIX, 29, 9 : « ... concitatis popularibus, apud quos invidia regum magnae auctoritatis erat. »

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