‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 152 sur 319 · Bell. Afric, XLVIII, i · texte numérisé non relu

Bell. Afric, XLVIII, i

7. Jugurtha en emmena au siège de Numance : Appien, Iber., 89.

8. Voir t. VI, 1. I, ch. n, § I, in fine. ô. Bell. Afric, LVI, 4.

Dans cette armée permanente, c'est la cavalerie qui joue le principal rôle ' : il faut souvent, nous l'avons dit, aller loin et vite. Le pays abonde, du reste, en chevaux excellents et les Africains, surtout les Numides, sont des cavaliers renommés.

Mais les troupes de fantassins ne font pas défaut. Un récit qui, on doit l'avouer, est fort suspect, nous montre Syphax cherchant à constituer une infanterie régulière, avec l'assistance ■d'instructeurs romains ^ Si nous manquons de renseignements pour Masinissa et ses successeurs, nous connaissons les légions de Juba I".

Les souverains qui ont régné dans la Berbérie musulmane ont fréquemment employé des miliciens d'origine étrangère : chrétiens ou renégats venus d'Europe, surtout d'Espagne, nègres du Soudan, Turcs, Kurdes, etc. C'étaient, en général, ■de bons soldats, pourvu qu'on les payât bien et qu'on leur permît le pillage ; n'ayant point d'attaches dans le pays, ils n'avaient aucun intérêt à épargner les tribus indigènes qu'on leur ordonnait de combattre. Mais ils étaient facilement turbulents et disposés à participer, contre récompense, à des révolutions de palais : l'Afrique berbère a eu, elle aussi, ses prétoriens. Dans l'antiquité, nous trouvons quelques mentions ■d'étrangers au service des rois numides. Sous Jugurtha, ce sont des transfuges de l'armée romaine, une cohorte de Ligures, ■deux escadrons de Thraces, d'autres encore ^ Comme leur sort n'est pas douteux s'ils tombent aux mains de ceux qu'ils ont Irahis^ ils sont nécessairement des auxiliaires sur lesquels on

1. Ce sont ces regii équités, qui, dit Salluste {Jug., LIV, 4), sont seuls à ne pas déserter après une bataille perdue. Equitatus regius, dans Bell. Afric, LVI, 4. Voir encore ibid., XCII, 4, où je crois qu'il faut lire, avec R. Schneider, regii {et non regni] équités.

2. Tite-Live. XXIV, 48, 1 (voir aussi ibid., XXX, 11, 4). Gonf. t. III, p. 179-180.

3. Salluste, Jug., XXXYIII, 6; LVI, 2; LXII, 6 et 7; LXXV, 1; LXXVI, 5-6; cm, 1. Appien, Numid., p. 163, ccdl. Didot. Paul Orose, Adv.pagan., V, 15, 7.

4. Ceux que Jugurtha livra à Métellus périrent dans d'affreux supplices : Dion, fragm. 87, 1 ; Appien et Orose, II. ce. D'autres, lors de la prise de Thala, se tuèrent plutôt que de se rendre : Salluste, LXXVI, 6.

148 ORGANISATIOiN SOCIALE ET POLITIQUE.

peut compter'. Juba I" a 2 000 cavaliers espagnols et gaulois, sans doute des mercenaires, passés on ne sait comment à son service, et dont il a fait ses gardes du corps ^

Ces gens d'outre-mer dépendaient entièrement des rois qui les employaient. Il n'en fut pas de même de Sittius, qui, de 64 à 47 avant J.-C, vécut dans l'Afrique indigène, à la tête de bandes d'Italiens et d'Espagnols, et vendit ses services tantôt à un souverain, tantôt à un autre ^ C'était un condottiere, qui, le marché conclu, paraît avoir conduit les hostilités à sa guise. Le cas est exceptionnel : nous n'en connaissons, du moins, pas d'autre exemple.

Aux troupes régulières se joignent^ en temps de guerre, les contingents fournis par les tribus * : ce qu'en Algérie, on appelle aujourd'hui les goums. L'ordre de convocation est évU demment donné aux chefs de ces tribus, et ce sont eux qui amènent et commandent leurs gens. Selon les besoins, l'appel s'étend à tout ou partie du royaume, aux hommes qui sont dans la pleine force de l'âge ou à tous ceux qui ne sont pas incapables de faire campagne ^ On peut former ainsi des armées nombreuses, aussi nombreuses que le permettront les ressources dont on disposera pour assurer leur nourriture frugale. Nous trouvons dans les auteurs anciens des chiffres pour les effectifs de ces armées ® : il ne faut trop s'y fier. Cependant

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