‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 158 sur 319 · César · texte numérisé non relu

César

César se félicita devant le peuple romain d'avoir donné à la République un pays dont elle tirerait tous les ans i 200 000 boisseaux de blé* (c'est-à-dire 105 000 hectolitres)^. On peut supposer que telle, ou à peu près telle, était la quantité de blé que l'impôt en nature rapportait à Juba^ dans la partie de ses Etats qui devint la province à'Africa nova. Etait-ce déjà, au temps des rois, un revenu annuel, toujours le même? Etait-ce, au contraire, une quotité prélevée sur la récolte, une « dîme », qui aurait été fixée soit au dixième du produit, soit à un autre taux, le cinquième, le quart, etc.? Nous l'ignorons. Dans la première hypothèse, on serait en droit de croire que l'impôt, étant invariable, n'était pas très élevé; autrement, en cas de mauvaise récolte, il n'aurait laissé rien, ou presque rien, aux agriculteurs.

Il y avait certainement aussi des taxes sur le bétail, qui restait la principale richesse des indigènes. Nous lisons dans Strabon* que les rois faisaient tous les ans recenser les poulains. Cette opération pouvait leur fournir des renseignements utiles au point de vue militaire, mais elle devait avoir surtout un caractère fiscal. Comme sous la domination turque en Algérie, l'impôt aurait pu être perçu, non en argent, mais en nature : par exemple, à raison d'un bœuf sur trente, d'un mouton sur cent. Pour les chevaux, il y aurait eu là une source d'approvisionnement des haras royaux ^ Mais, si ce mode de paiement était admissible quand il s'agissait de recou-

1. Plutarque dit : 200 000 médimaes; César a dû indiquer le chiiïre en modii.

2. Qu'auraient eu à verser, peut-on croire, ceux qui auraient pris à ferme la perception de l'impôt en nature, levé sur les agriculteurs. Après sa campagne. César paraît avoir fait des adjudications à Zama. Bell. Afric, XCVII, 1 : « tributis vectigalibusque regiis locatis » (correction de Schneider, à la place de « togatis », que donnent la plupart des manuscrits).

3. A moins que les 1 200 000 boisseaux ne représentent la quantité de blé exigée des publicains auxquels César aurait affermé les revenus des anciens domaines royaux. V. infra, p. 191-2.

Page 1