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LES ROIS ET LEURS SUJ-ETS. 163
Salluste', débile de corps et d'esprit, mais très attaché aux honneurs auxquels il avait droit; il put transmettre ses Etats ai -son fils Hiempsal. Le dernier des descendants de Masinissa, le roi. de Maurétanie Ptolémée, paraît avoir été un dégénéré; peut-être ses sujets l'auraient-ils précipité du trône, si l'empereur Caligula n'avait pas pris ce soin. Mais, en général, les princes qui régnèrent en Numidie et en IMaurétanie se montrèrent désireux de maintenir leur prestige; avec d«s aptitudes diverses, ils s'acquittèrent d'une partie au moins des devoirs qui leur incombaient. Jugurtha fut un homme remarquable, avec de très grands défauts et de très grandes qualités; il se rendit populaire chez les Numides" et même chez ses voisins, les Maures ^ La dynastie à laquelle Masinissa avait donné tant d'éclat, resta, sous ses héritiers, maîtresse de la Numidie pendant un siècle; puis elle posséda, pendant plus de soixante ans, la Maurétanie, que les Romains lui confièrent, et où elle remplaça une autre dynastie, qui semble avoir eu, elle •aussi, une longue existence avant de s'éteindre. Après leur mort, les successeurs de Masinissa reçurent, comme lui, des honneurs divins, dont nous avons des témoignages datant de la domination romaine.
Cependant, si les dynasties durèrent, les royaumes ne s'afFermirent pas. Les rares traits de lumière qui percent l'obscurité- ■dans laquelle leur histoire est plongée, nous révèlent les -désordres auxquels ils sont en proie.
Ce sont, dans la famille royale de Numidie, des haines implacables : Jugurtha fait assassiner l'un de ses frères d'adoption, Hiempsal; il fait périr dans les supplices l'autre, Adherbal; il se débarrasse aussi par l'assassinat de son cousin Massiva, qui, réfugié à Rome, s'élève contre lui en rival; Gauda