Voir t. VIII, 1. II, ch. ii et iv
4. Outre les guerres contre les rois massyles, dont le récit est donné t. III, p. 180, 182, 192 et suiv., voir des allusions à d'autres guerres, ibid., p. 197, n. 1.
aussi contre ses sujets, sans parler des guerres qu'il soutint contre Carthage et Rome. Son empire s'effondra tout d'un coup; Masinissa n'eut qu'à se présenter devant Cirta pour s'en faire ouvrir les portes ; la plus grande partie du royaume masàesyle se soumit sans résistance aux vainqueurs.
Masinissa accomplit une œuvre plus durable'; il fut le plus grand entre les grands souverains de la Berbérie, l'Almoravide Youssef ben Tachfine, FAlmohade Abd el Moumen, le chérif marocain Moulay Ismaïl, qui, à bien des égards, lui ressemiblèrent. Il étendit ses Etats de la Maurétanie à la Cyrénaïque, il amassa de très grosses sommes d'argent, il entretint des troupes nombreuses et aguerries. Il propagea l'agriculture et développa la vie urbaine. Grecs et Romains reconnurent en lui un vrai monarque. Beaucoup de ses sujets, peut-être la plupart d'entre eux, oublièrent leur haine instinctive de la royauté, et l'affection se joignit à la crainte pour les attacher à lui^ Son culte se perpétua à travers les siècles ^
Mais l'empire qu'il avait créé, qu'il avait soutenu de son bras puissant, il ne l'avait point organisé. Et, quoique nous connaissions fort mal son long règne, en dehors de ses rapports avec les Romains et les Carthaginois, nous savons qu'il eut à combattre des rebelles*; que, deux ans à peine avant sa mort, six mille cavaliers, conduits par des traîtres, passèrent de son camp dans le camp ennemi ^
Après lui, le royaume de Numidie aurait pu se décomposer très vite, comme tant d'autres royaumes berbères, si Masinissa •avait eu des successeurs tout à fait incapables, énervés et hébétés par une vie de plaisirs. Son petit-fils Gauda, qui, par la grâce des Romains, remplaça Jugurtha, était, au dire de