XVII
0. XVII, 3, 15. II dit que Masinissa les a transformés en agriculteurs, ce qui n'est vrai que pour une partie d'entre eux.
8. Pomponius Mêla (I, 28) dit de la Maurétanie : « solo quam viris melior et segnitia gentis obscura. »
comme à d'autres peuples anciens et modernes', un instrument de servitude, digne de leur mépris. C'était probablement aussi parce qu'il leur semblait plus facile de mettre leur bétail hors de l'atteinte des ennemis, des pillards, que d'empêcher ceux-ci de détruire des récoltes' et de couper des arbres fruitiers. La formation de grands royaumes n'avait établi définitivement ni la paix, ni la sécurité : il ne fallait pas trop compter sur la protection du souverain.
Cependant un peu d'ordre et de police s'était introduit dans le chaos : condition favorable à l'élevage aussi bien qu'à la culture. La diminution du nombre des fauves, chassés avec ardeur, était aussi un bienfait pour les propriétaires de troupeaux.
Parmi les pasteurs, les uns avaient des demeures fixes, ou ne se déplaçaient que dans un espace restreint, les autres étaient véritablement des nomades. Cette distinction n'a pas échappé aux anciens : elle est indiquée par Pomponius Mêla d'une manière très nette ^, et aussi par Salluste^. Dans le Tell, il y a quelques régions où le bétail peut vivre toute l'année ; il y a aussi des plaines à pâturages d'hiver et, à proximité, des montagnes, des forêts à pâturages estivaux : une tribu qui possède les unes et les autres y conduit alternativement ses troupeaux^ et y trouve, par surcroît, un climat doux pendant l'hiver, la fraîcheur pendant l'été. Ces pasteurs, qui ont de l'eau et des herbages en abondance, élèvent surtout du gros bétail, des bœufs et des chevaux ^
1. P. ex., dans l'antiquité, les Thraces (Hérodote, V, 6), les Galiciens (Silius Italiens, III, 251-2), les Gaulois (Cicéron, République, III, 9, 13); de nos jours, les Arabes, les Touareg, etc.
2. Il est vrai que, pour le pasteur, la porte de son bétail est bien plus grave que ne l'est, pour l'agriculteur, la perte d'une récolte. Mais le premier peut échapper à ce ris^que en s'enfu3ant avec ses troupeaux ou en les enfermant dans un refuge, tandis que le second doit abandonner la récolle sur pied.