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Dans un passage précédemment cité *, Polybe vante la richesse de la Libye en chevaux, bœufs, moutons et chèvres. L'abondance des moutons chez les Libyens orientaux étaitdéjà presque proverbiale en Grèce quelques siècles plus tôt". Nous n'avons pas d'informations sur les races, mais l'espèce dite barbarine à grosse queue, était probablement répandue au delà du territoire carthaginois, où son existence est attestée par des images que portent des stèles ^ Comme aujourd'hui, les chèvres devaient être souvent mêlées aux moutons '* et les conduire, car l'emploi des chiens de berger était inconnu, ou du moins très rare^ Outre les services que les ovins et les caprins rendaient par leur lait, et aussi par leur viande, — dont on n'abusait pas, car on ne tuait les bêtes que par nécessité et on mangeait surtout du gibier, — les toisons et les poils servaient à faire des vêtements. Avec les poils de la race caprine du Ginyps (rivière située entre les deux Syrtes), on fabriquait des feutres, qui furent renommés à l'époque romaine ^ Partout, les gens du peuple aimaient à se •couvrir de peaux de chèvres \
Selon Paul Orose \ qui a dû copier Tite-Live, Carthage, au milieu du m" siècle, aurait condamné des Numides, alliés de Régulus, à lui livrer 20 000 bœufs : il s'agit peut-être de tribus
2. Odyssée, IV, 85-89. Pindare, Pylh., IX, 6. Oracles attribués à la Pythie, apud Hérodote, IV, 155 et 157. Pour les moutons des Libyens, voir aussi Hérodote, IV 187; pour les chèvres, ibid., 187 et 189, et, plus tard, Élien, Nat. aniin., VII 8- XVI, 33.