Voir. t. VI, 1. I, ch. i, § IV
S. Adv. pagan., IV, 9, 9. Conf. ici, t. III, p. 92.
qui vivaient dans le Nord-Ouest et le centre de la Tunisie, pays propices à l'élevage de ces animaux. Cependant le chiffre indiqué est si élevé qu'il ne paraît pas admissible'. La race bovine qui est aujourd'hui répandue dans l'Afrique du Nord y vit sans doute depuis fort longtemps^. Pour l'époque que nous étudions, nous n'avons ni textes, ni images^ qui nous permettent de la reconnaître. Strabon* affirme qu'à l'intérieur des terres, chez les Gétules, les bœufs ont le cou plus long qu'ailleurs, et c'est en plein Sahara, chez les Garamantes, qu'Hérodote^ relègue ses bœufs opisthonomes; ils ont, dit-il, les cornes inclinées en avant, au point d'être forcés de paître à reculons : assertion des plus suspectes''.
L'espèce bovine ne servait pas seulement à l'alimentation par sa viande et son lait, à l'industrie par son cuir, aux travaux agricoles par son emploi à la charrue. Au Maroc (dans le Moyen- Atlas) comme au Soudan, on met encore des bâts sur des bœufs pour faire des transports, et c'est là un usage fort ancien ^ Il se peut même que, dans certaines régions de la Berbérie, comme chez les Garamantes % comme chez des nègres de l'Afrique orientale ^ les bœufs aient servi de montures.
Les Libyens voisins de l'Egypte possédaient des ânes au second millénaire avant J.-C. *°. Malgré l'absence de preuves pour les temps antérieurs à la conquête romaine, on se persuade aisément qu'un animal qui vivait en Berbérie à l'état sauvage *' était largement employé à Télat domestique, où il
1. Aujourd'hui, il n'yapas 200000 bovins danstoutela Tunisie(l lOOOOOenAlgérie).