César
4. Actuellement, la production moyenne de l'Algérie en blé dur est de sept millions et demi d'hectolitres.
5. Une quantité de 1 200 000 boisseaux permettait de faire des distributions gratuites à 20 000 citoyens (à raison de GO boisseaux par an). Or le nombre des bénéficiaires de ces distributions fut fixé par César à 150 000 en 46 (après avoir dépassé le double de ce chiffre). La nouvelle conquête n'aurait pas couvert le septième des besoins. Il n'y aurait pas eu là de (juoi se vanter outre mesure. L'impôt en huile, exigé par César de Leptis la Grande, trois millions de livres par an {Bell. Afric, XCVII, 3; Plutarque, César, ISo), était bien autrement avantageux pour le peuple romain.
affermé les revenus de ces domaines, et les adjudicataires auraient eu à verser des quantités fixes de blé, non des sommes d'argent, comme c'était l'usage. En somme, il serait imprudent de tirer de ce texte des conclusions précises sur la production agricole de la Numidie orientale au milieu du f siècle.
Il prouve, du moins, que, dans cette contrée, une bonne partie de la population se livrait alors à la culture des céréales. Il en était déjà ainsi au siècle précédent. Au temps de Jugurtha, Vaga est un grand marché, qui attire beaucoup d'Italiens *. Comme aujourd'hui à Béja ^, — tel est le nom que porte la vieille ville africaine, — on y vend sans doute les grains récoltés dans la région des Grandes Plaines, que la Medjerda traverse au Sud-Ouest de ce lieu \ Le général romain Métellus, sortant de la province romaine d'Afi^ica et pénétrant dans le royaume numide par une route peu éloignée de Vaga, rencontre partout des cultivateurs, reçoit partout des offres de blé*. On récolte aussi des céréales dans la région de Sicca (Le Kef) ^; à l'Ouest de cette ville, les bords du Miithul (oued Mellègue) sont habités par des agriculteurs ^ Bien plus loin vers l'Ouest, Girta est entourée de champs de blé, puisque, probablement au i"" siècle, elle fait figurer des épis sur une de ses monnaies ^
Lorsque, vers l'année 117, le royaume de Masinissa et de Micipsa fut partagé entre Adherbal et Jugurtha, le premier
1. Salluste, Jug., XLVII, 1 : « Oppidum Numidarum nomine Vaga, forum rerum venalium totius regni maxume celebratum, ubi et incolere et mercari consuevorant Italici generis multi mortales. »
2. Au XI" siècle de notre ère, El Bekri écrivait (Descr. de l'Afrique septcntr., trad. de Slane, édit. d'Alger, p. 119-120) : « Badja, ville qui est surnommée le grenier de l'Ifrîkiya. »
3. En 111, c'est à Vaga que se rend un questeur pour recevoir le blé que Jugurtha doit lui livrer : Salluste, XXiX, 4.