‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 210 sur 319 · isour dans l'Extrème-Sud tunisien, guelaas dans l'Aures · texte numérisé non relu

isour dans l'Extrème-Sud tunisien, guelaas dans l'Aures

capables de soutenir des sièges, et où chaque famille a aussi son local'. Du reste, des agglomérations de celliers ou des forteresses servent à conserver les grains et d'autres objets, même en des lieux qui ne sont pas des centres d'habitation : magasins communs de tribus dont les gens vivent gà et là aux alentours^, ou bien de nomades qui, l'hiver, parcourent les steppes et vont, l'été, soit dans le Tell, soit dans l'Atlas saharien \ Il y là des coutumes assurément fort anciennes. Tels devaient être, en partie du moins, les lieux fortifiés, loca mu7iita, dans lesquels, au temps de Jugurtha, s'accumulaient les récoltes * : mais non pas tous, car ce terme a pu désigner des châteaux royaux ^

Les grains ainsi emmagasinés étaient, pour une bonne part, ■destinés à nourrir ceux qui les avaient récoltés; il en fallait aussi pour les semailles. Il convenait de faire des réserves assez larges, eu égard aux irrégularités de la production, causées par les caprices du climat africain. Le reste était versé comme impôt en nature ou vendu.

Il y avait sans doute trois catégories d'acheteurs : les pasteurs, qui, en retour, offraient des laines, des peaux, du bétail ''; les citadins, qui étaient vendeurs d'objets manufacturés, fabriqués dans leur ville ou importés; enfin les gros com-

1. Au Maroc, tiyhrematin (au singulier tiglircmt), dans le Moyen et le Haut-Atlas.

2. Les villages-magasins fortifiés (igoudar; au singulier agadir), servant à des •tribus chez les Chleuhs, dans le Sud du Maroc. De même, certains ksour du 8ud tunisien, qui ne sont pas immédiatement auprès d'habitations. Dans le Moyen- Atlas, des séries, souvent étagées, de grottes naturelles, s'ouvrant dans des falaises et d'accès très difficile, sont des greniers pour des gens du voisinage, mais c'étaient peut-être jadis des habitations : voir Gautier, dans Hespéris, 1925, p. 38.3 et suiv.

3. Les ksour du djebel Amour, servant de magasins à des nomades et gardés en îleur absence par des serfs.

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