‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 214 sur 319 · XV, 8. Conf. ici, t. IV, p · texte numérisé non relu

XV, 8. Conf. ici, t. IV, p

la nature s'est contentée de ne pas refuser à l'Afrique, livrée tout entière par elle à Cérès. L'un et l'autre exagèrent. Mais il est certain que de vastes régions, qui, après l'époque de Pline, se couvrirent de plantations, étaient encore incultes aux temps de Jugurtha et de Salluste. Dans les plaines qui s'étendent au Sud du massif ceittral tunisien, les Romains ont laissé partout des pressoirs à huile, témoins de leurs innombrables olivettes. Avant eux, c'étaient, comme aujourd'hui, de mornes steppes. Capsa [Gafsa], dit Salluste', s'élève au milieu d'immenses solitudes; sauf les environs de la ville, tout le pays est désert, inculte, dépourvu d'eau, infesté de serpents. Le site de ïhala est le même^. Entre Thala et le fleuve le plus proche, — distant de cinquante milles, — il n'y a que des espaces arides et déserts^ Jugurtha s'enfuit de ce lieu en traversant de vastes solitudes*. Et Strabon dit, à son tour'', que toute la contrée située à l'intérieur des terres est déserte, depuis le pays des Massesyles jusqu'aux Syrtes.

Les Numides, quand ils le pouvaient, appréciaient le vin^ et plus que de raison^ Mais ces bonnes aubaines étaient rares. Les vins qui venaient d'outre-mer, ou qu'on fabriquait autour des villes puniques, n'arrivaient guère jusque chez eux; ils n'en faisaient point eux-mêmes, ou ils en faisaient fort peu. Si les Berbères ont adopté le nom phénicien de l'olivier cultivé \ c'est à la langue latine que sont empruntés, dans divers dialectes, les mots qui désignent d'autres arbres fruitiers^ : il est donc probable que ceux-ci n'ont guère été connus avant l'époque romaine.

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