Salluste, Jug., LXXYII
9. Conf. César, Bell, civ., Il, 38, 1; Bell. Afric, XGVII, 3. Quoi qu'on en ait pensé (voir, entre autres, Komanelli, Leptis Magna, p. 14-16), il s'agit, dans ces passages, de Leptis la Grande, et non de Leptis la Petite. Celle-ci, enclavée
ELEVAGE ET CULTUHE. 201
s'étaient formées d'immenses olivettes : en 46, Jules César put la frapper d'une amende annuelle de trois millions de livres d'huile^
Mais les indigènes ne semblent pas avoir mis beaucoup d'empressement à imiter les exemples que leur donnaient les colons des cités phéniciennes et carthaginoises. Il est possible que certaines villes de l'intérieur, surtout Cirta, la capitale, se soient entourées d'une ceinture de jardins, dont les fruits et les légumes auraient servi à la consommation locale. Il se peut aussi que, dans quelques régions, la culture de l'olivier ait commencé à se répandre, par la greffe des sauvageons, plus encore que par des plantations. Les Berbères emploient, comme les Arabes, le terme zeboudj, d'origine incertaine, pour désigner l'olivier sauvage; ils font usage d'un mot de leur propre langue, zemmour, soit avec la même signification, soit avec le sens d'oléastre greffé; pour l'olivier cultivé et pour l'huile, ils se servent de mots d'origine sémitique, et très probablement phénicienne, zîtoun et zît'^ : ce qui permet de croire qu'en oléiculture, ils ont été les élèves des Phéniciens.
Cependant, avant l'Empire romain, les cultures arbustives étaient encore peu développées chez eux. Selon Salluste, le sol de l'Afrique n'est pas favorable aux arbres^ assertion qui peut s'appliquer aux arbres fruitiers comme aux espèces forestières. Selon Pline l'Ancien \ l'huile et le vin sont des présents que
dans la prnviacft romaine d'Afrique, ne pouvait avoir avec Juba I" des rapports de voisinage. De plus, pendant la campagne de César, elle s'était mise du côté du dictateur, qui n'avait, par conséquent, aucune raison de lui infliger une amende. Conf. Gsell, dans Rivista délia Tripolitania, I, 1924-5, p. 41-42.
1. Bell. Afric, l. c. ; conf. Plutarque, César, 55 (où Leplis n'est pas nommée). Voir Gsell, l. c. Cette prestation équivaut à 10 678 hectolitres. En admettant, — pure hypothèse, — qu'elle représentait le dixième de îa production totale des Leptitains, celle-ci aurait dépassé annuellement 100 000 hectolitres-. La production moyenne de l'Algérie est de 350 000 hectolitres.
2. Voir Laoust, Mots et choses berbères, p. 444; H. Basset, Rev. afric, LXII, 1921, p. 348. Corriger ce que j'ai dit à ce sujet, t. I, p. 238.