Joh., VIII
4. Celte forme se trouve dans Virgile, Enéide, I, 421 ; IV, 259. Servius (/n Aen., IV, 259) dit que magalia et mapalia sont synonymes.
5. Virgile, Géorgiques, III, 340. Tite-Live, XXIX, 31, 8. Lucain, II, 89; IV, 684; IX, 945. Pline l'Ancien, V, 22; XVI, 178. Silius Italicus, III, 287; XVII, 89, Tacite, Ann., III, 74; IV, 25. Servius, In Aen., IV, 40. Corippus, Jo/i., II, 5 et 63.
6. Voir, p. ex., C. /. L., VIII, 25 902; Victor de Vite, I, 16.
7. Nous avons fait remarquer (t. I, p. 313, n. 6) que le p est à peu près inconnu. aux Berbères : ils ne devaient donc pas prononcer mapal.
paraissent le croire d'origine indigène'; Servius le dit punique ^ En tout cas, si l'on veut admettre que le mot était punique, il n'y a aucune raison de croire que la chose l'était aussi ^ : les mapalia mobiles servaient aux nomades, dont le genre de vie différait entièrement de celui des Carthaginois.
Le terme mapalia a été également appliqué par les Latins à des habitations de sédentaires africains *. Ces abris de pauvres gens devaient, comme les mapalia mobiles, être faits surtout en matières végétales. On peut même se demander si le mot ne désignait pas, d'une manière générale, des demeures ainsi construites, qu'elles fussent fixes ou portatives ^ Nous trouvons aussi des termes qui ne sont pas propres à l'Afrique ^ xaXûêat. en grec \ lufjuria en latin ^; le mot très rare attegiae,
1. Voir les passages de Salluste et de saint Jérôme cités t. I, l. c.
2. Selon cet erudit(M Aen., I, 421), la forme correcte devrait être magarla, non magalia, le mot magar signifiant villa (ferme) en punique. Mais ce rapprochement n'a sans doute aucune valeur.
3. Malgré des textes qui l'affirment. Deutéro-Servius, In Aen., I, 421 : « Alii magalia casas Poenorum pastorales dicunt » (Servius, In Aen., IV, 259, dit, au contraire : « Magalia, Afrorum casas >•). Festus, s. u. : « mapalia casae Poenicae nppeilantur ». Martial, VIIl, 55, 3 ; « Poena mapalia » ; ailleurs (X, 20, 7), il dit : « sicci Gaetula mapalia Poeni ».
4. Salluste, Jug., XVllI, 8; XLVI, 5. Mêla, I, 41. Claudien, Consul. Stilich., III, 344. Voir aussi les textes de Gaton et de saint Jérôme qui sont cités infra, p. 222, n. 6 et 7, et qui se rapportent à des mapalia fixes. Ce nom Mapalia (ou Mappalia) a désigné sous l'Empire romain divers lieux habités en Afrique : un faubourg de Carthage {Actes de saint Cyprien, 5; saint Augustin, Sermons, LXII, 17; Victor de Vite, I, 16; De miraculis S. Stephani, dans Migne, Patr. Lat., XLI, p. 848); un 'domaine dans la Tunisie centrale (C /. L., VIII, 25 902); un autre domaine, voisin d'Hippone (saint Augustin, Lettres, LXVI, 1 ; le même, Contra litteras Peti- ■liani, II, 83, 184, et II, 99, 228).
5. Plus tard, le terme mapalia a pu s'étendre à de misérables habitations construites en pierres, mais couvertes en matières végétales, à ce que nous appelons des chaumières.
6. Et qui s'appliquent à des demeures bâties en pierres, aussi bien qu'à des huttes en matières végétales.
7. Pausanias, X, 17, 2. Élien, Nat. anim., III, 1. Procope, Bell. Vand., II, 6, 10.
8. Salluste, Jug., XII, 5; XIX, 5; XLVI, 5 ; LXXV, 4. Sulpice Sévère, Dialog., I, 3 {Patr. Lat., XX, p. 186).
dont Juvénal ^ se sert à propos des i)[aures, est d'origine inconnue.
On a dû édifier des huttes fixes dès une antiquité très reculée. Il se peut qu'il y en ait eu déjà dans des stations préhistoriques, oii des gens qui ne connaissaient encore ni l'élevage, ni la culture, se groupaient et menaient une vie sédentaire. Plus tard, ces demeures purent convenir à des pasteurs qui n'avaient pas besoin de se déplacer souvent, à des agriculteurs qui vivaient disséminés dans la campagne. Les Asphodélodes -, appelés probablement ainsi à cause des huttes en asphodèles qu'ils habitaient, étaient, autant qu'il semble, une tribu du Nord-Ouest de la Tunisie ^; or, dans cette région très favorisée par les pluies, les demeures n'étaient sans doute pas des mapalia mobiles, domiciles de nomades. Des huttes analogues abritaient des troupes qui, quand les opérations militaires étaient suspendues, prenaient leurs cantonnements ^.
Telles ont été les cabanes dont beaucoup d'Africains se sont contentés à travers les siècles ^, tels sont encore ces gourbis, dont les parois sont faites en roseaux, en branchages entrelacés, en treillis de tiges flexibles, et dont le toit est aussi en matière végétale, surtout en diss ou en chaume : habitations à chambre unique, sans autre ouverture que l'étroite baie de la porte. Rien de plus aisé à construire que ces huttes, quand on a les éléments sous la main. Lorsqu'elles sont trop dégradées, lorsque la vermine les rend vraiment intenables, on les abandonne, en emportant les perches qui soutenaient la toiture et
1. XIV, 196. Oa retrouve ce terme sur une inscription latine de Germanie : C. /. L., XIII, 6054.