‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 234 sur 319 · Laoust, Mots et choses berbères, p. 363, note · texte numérisé non relu

Laoust, Mots et choses berbères, p. 363, note

C. Deutéro-Servius, In Aen., l, 421 : « Gato Originum quarto magalia aediflcia. quasi cohortes rotundas dicit. » Festus, s. v. mapalia : « Gato Originum libra quarto : mapalia vocantur ubi habitant; ea quasi cohortes rotundae sunt. »

7. Comment, in Amos, Prolog. (Patr. Lat., XXV, p. 990) : « agrestes quidem. casae et furnorum similes, quas Afri appellant mapalia ».

de mapalia fixes, car, comme nous l'avons fait observer', l'emploi d'une forme circulaire aurait compliqué très inutilement la construction des chariots servant au transport des huttes mobiles.

Mais, dans les campagnes africaines, il y avait aussi, au témoignage de Salluste-, des cabanes oblongues, dont les toits, aux côtés courbes, ressemblaient à des carènes de navires retournés. C'est cette forme oblongue qui a prévalu, avec le toit à double pente. Et même, dans certaines régions, le profil du toit est caréné^, ce qui justifie la comparaison de Salluste, ou plutôt du roi numide Hiempsal, que Salluste a copié*.

Les huttes en matières végétales offrent un grand danger : elles peuvent être la proie facile et rapide du feu, qui, quand le vent le porte à travers des groupes d'habitations, cause, en quelques instants, des désastres. En outre, ces cases, aux parois minces, sont des abris fort insuffisants contre le froid et la chaleur. Des sédentaires ont dû sentir de bonne heure le besoin de se construire des demeures plus sûres et mieux garanties des excès de la température extérieure. Comme ils n'avaient pas l'intention de les abandonner, puisqu'ils étaient fixés au sol, il était naturel qu'ils les fissent assez solides pour qu'elles pussent servir de longues années à eux-mêmes et à

2. Jag., XVIII, 8 : « Geterum adhuc aedificia Numidarum agreslium, quae mapalia illi vocant, oblonga, iacurvis lateribus tecta, quasi naviuin cariaae sunt. »

3. Daas le Nord du Maroc : Tissot, Géojr., I, p. 481. Eu Khoumirie : Bertholon, dans Bull, de géogr. histor. du Comité, 1891, p. 497.

4. La phrase citée supra, n. 2, est intercalée dans un récit emprunté à Hiempsal. Celui-ci racontait que des Perses, venus en Afrique, s'étaient servis, en guise de cabanes, des carcasses de leurs navires, retournés : légende qui avait évidemment son origine dans la forme des mapalia habités par les indigènes au temps d'Hiempsal.

leurs enfants. Aux huttes se substituèrent de véritables maisons, de ces maisons qu'Hérodote indique, au v® siècle, comme les habitations des Libyens cultivateurs'.

Elles furent faites en terre ou en pierre. La terre convient là où les pluies sont rares. C'est ainsi qu'on bâtit les maisons des oasis, sans doute depuis fort longtemps ^ Nous pouvons supposer que l'exemple est venu de l'Est, où l'usage d'édifier des maisons en terre est très ancien, sur le Nil aussi bien que sur l'Euphrate. Mais ce mode de construction a pu être adopté dans des pays plus septentrionaux ; il est encore usité en Tunisie et au Maroc, dans des régions qui ne sont nullement dépourvues de pluies. Les murs en terre ^ se font de deux manières. Tantôt, — c'est ainsi qu'on procède dans le Sud, — on pétrit des sortes de pains, dits toùb^ où l'argile, pour acquérir plus de consistance, est mélangée de paille hachée et de cailloux; après les avoir exposés au soleil, qui les sèche, on les juxtapose et superpose comme nos maçons le font pour les briques. Tantôt, — surtout au Maroc, — on tasse de l'argile mouillée, souvent mêlée de chaux, dans des coffrages en planches, dont le vide intérieur a la largeur de la paroi à bâtir et qu'on enlève quand la terre a rempli ce vide. C'est la construction en pisé. Les Carthaginois l'ont connue* et ont pu la faire connaître aux indigènes. Mais le pisé et, plus encore, les toùb se dégradent vite; quand la désagrégation est consommée, ils ne laissent pas de ruines^ : il est donc impossible de prouver, par des documents archéologiques, que les ancêtres des Berbères ont fait usage de ces deux procédés.

l.IV, 191 : olxca;. Il vient de dire que les nomades ont des habitations (oîy.r,!JiaTa) portatives.

2. Hérodote (IV, 185) dit que, dans le désert, les maisons sont construites avec des morceaux de sel. Il s'agit de terre, très mélangée de sel. Conf. Gsell, Hérodote, p. 180.

3. Ils reposent souvent sur un soubassement en pierre, construit comme celui des maisons dont des pierres forment les parois (u. infra, p. 225-6).

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