Tissot, l. c, p
3. 11 y a en Afrique, dans des campagnes romanisées, des refuges dont les murailles sont tout à fait de type byzantin et ne peuvent être antérieures au vi' siècle : voir Gsell, Monuments antiques de l'Algérie, II, p. 392-5.
4. Voir JacquoI, Rer. de Constantine, XLI, 1907, p. 150; Joly, Rev. a fric, LUI, 1909, p. 14.
ries se ressemblent toutes, qu'elles soient préhistoriques ou modernes. Des débris de vases, faits au tour dans des fabriques romaines ou plus récentes encore, attestent seulement que le refuge a été occupé en pleine époque historique; des fouilles permettraient peut-être de dire s'il l'a été beaucoup plus tôt. Parfois, aux abords, s'élèvent des dolmens, sépultures dont les plus récentes ne doivent pas être postérieures aux premiers siècles de notre ère' : il est vraisemblable qu'on a voulu établir ces demeures des morts auprès de l'asile des vivants, et nous avons ainsi une indication, assez vague, du temps où ceux-ci faisaient usage du refuge.
Diodore de Sicile^ décrit, on ne sait d'après quel auteur, les mœurs de Libyens habitant, non pas la Berbérie, mais le Sahara oriental, brigands qui allaient faire, en dehors du désert, de rapides expéditions de pillage. « Leurs chefs, dit-il, ne résident pas dans des villes (7r6}.£!,ç^); mais ils ont des tours (tî-jovoi), près de lieux où il y a de l'eau, et ils y déposent ce que, dans leur butin, ils mettent en réserve. » Plus d'un seigneur numide, maure ou gétule devait en faire autant.
Au vr siècle après J.-C, labdas, prince de l'Aurès, effrayé de l'approche d'une armée byzantine, fît conduire ses femmes et porter ses trésors dans une tour (-'jpyo;), construite bien longtemps auparavant, refuge presque inaccessible sur un rocher entouré de profonds précipices*.
D'autres textes anciens, que j'ai déjà cités^, mentionnent des lieux très difficiles d'accès, où sont établis des magasins de
1. Dolmens auprès d'un refuge voisin de Tébessa, au djebel Osraor : Faidherbe, Bull. d'Hippone, IV, 1868, p. 70; de Bosredon, Rec. de Constantine, XVIH, 1876-7, p. 424; Duprat, ibid., XXIX, 1894, p. 544-5. Une centaine de dolmens autour d'un refuge voisin de Duvivier : Levislre, Anthropos, II, 1907, p. 138. Nécropole de dolmens auprès d'un refuge, non loin de Djelfa : Hartmayer, Rev. afric, XXIX, 1885, p. 142 (copf. Gsell, Mon. ant., I, p. 15).