‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 251 sur 319 · P. ex., Joly, B. a. Comité, 1900, p. clxv · texte numérisé non relu

P. ex., Joly, B. a. Comité, 1900, p. clxv

8. A Henchir el Aria : Gsell, Allas, L c. A Karkab : La Blanchère, l. c, p. 45.

9. Dolmens auprès de ruines de villages et de bourgs, dans l'Enflda (Tunisie orientale) : Hamy, Bull, de géogr. hislor. du Comité, 1904, p. 51 et suiv. ; Carton, Bull, de Sousse, VII, 1909, p. 95; dans le Nord-Est de l'Algérie : Mercier, B. o.

Dans le bas pays que borde la côte orientale de la Tunisie et qui fît partie du territoire punique, puis de la province romaine constituée en 146 avant J.-C, il y avait des bourgs situés en plaine et, pour la plupart, alimentés en eau par des puits ', On n'aurait guère pu exploiter autrement cette fertile région. Mais, en Numidie et en Maurétanie, où la sécurité était bien plus précaire, les villages s'écartaient du pays plat, dépourvu de défenses naturelles. Ils s'écartaient aussi du voisinage immédiat des rivières, impropres à la navigation, sujettes à des inondations soudaines, ne fournissant d'ordinaire qu'une eau de mauvaise qualité et répandant autour d'elles la fièvre.

Ils allaient s'asseoir au dessus des vallées et des plaines, assez près, cependant, pour que les travailleurs des champs pussent descendre et remonter sans se fatiguer, sans perdre leur temps à de longues marches; tout auprès d'une de ces sources qui ne sont pas rares à la lisière des régions accidentées; enfin dans un site offrant des défenses naturelles : langue de terre bordée par deux ravins qui se rejoignent, éperon d'un contrefort, table isolée, piton conique. La vue doit, autant que possible, être dégagée, car l'ennemi aura ainsi moins de chances de s'approcher par surprise. D'ailleurs, un lieu auquel les vents n'auraient pas libre accès serait un foyer de maladies et, pendant la saison chaude, une fournaise.

Aux alentours, les ravins et les pentes fournissent des galets et des pierres roulantes, propres à construire les maisons; des matériaux plus volumineux peuvent être tirés de carrières

Comité, 1887, p. 451, et 1888, p. 102-, Toussaint, ibid., 1897, p. 277, n° 52. Au Nord de l'Aurès, le gros bourg d'Ichoukkcàae est entouré d'uu grand nombre de dolmens sous tumulus et de sépultures en forme de tour ; voir Gsell, Monuments antiques de V Algérie, I, p. 16 (d'après Masqueray); Atlas archéoL, i° 27 (Batna), n° 357. Ruines de villages berbères, flanquées ou entourées de lumulus, dans rOranie et le Maroc oriental : voir, p. ex., Pallary, dans Matériaux pour Chist. primit. et natur. de l'homme, XXI, 1887, p. 451 ; Voinot, Bull. d'Oran, 1913, p. 527, et 1916, p. 266 et suiv.

1. Bourgs de l'Enflda mentionnés supra, p. 241, n. 9. Dans la région qui s'étend au Sud de Sousse, la relation de la campagne de Jules César mentionne plusieurs gros bourgs, qui étaient certainement ou très probablement en plaine.

ouvertes dans les roches. Les forêts qui s'élèvent dans la proche montagne donnent le bois de charpente et de chauffage; elles accueillent le bétail en été. Quand l'arboriculture se joindra à la culture des céréales, les terrains inclinés qui avoisinent le village se prêteront, en général, à des plantations et aux irrigations nécessaires. Même, en beaucoup de lieux, des oliviers sauvages n'attendent que la greffe pour accroître leur chétif produit.

On peut reprocher à ces sites leur éloignement des cultures €t des voies naturelles de communication. Mais, — nous l'avons déjà dit', — le premier inconvénient n'était guère ressenti qu'à deux époques de l'année, en automne et au commencement de l'été. Quant au second, on ne songeait sans doute pas à s'en plaindre, car le village n'était nullement destiné à des opérations commerciales, à des visites d'étrangers, qui n'y auraient même pas trouvé une auberge. Il était une petite place forte, où, pour des raisons de sécurité, s'accumulait la population d'un canton agricole. C'est ce qu'indique ■clairement le terme casteUiun, qui le désigne en latin.

Les défenses naturelles qu'offre le site sont presque toujours renforcées par des ouvrages exécutés de main d'homme ^ Une enceinte en pierre entoure le village, à moins que des roches verticales ne permettent de l'interrompre. C'est une simple muraille, barrière massive qui épouse les formes du terrain et ■est généralement dépourvue de redans et de tours ^ Les pierres, brûles ou sommairement équarries, sont assemblées à sec; quelquefois, elles atteignent de grandes dimen-

2. L'auleur du Bellum Hispaniense (VIII, 3) écrit, à propos de l'Espagne ultérieure : « Propter barbarorum crebras excursiones, omnia looa, quae suni ab oppidis remola, turribus et munilionibus retinentur, sicut io Africa. » La suite montre qu'il s'agit de lieux habités, et non de refuges.

3. Aussi ces défenses élaient-elles souvent insuffisantes conire les mo^'ens de siège dont disposaient les Romains. Salluste, Jug., LIV, 6 : (Métellus) ■■ multa castella et oppida temere munila... capit. » Ibid., LXXXVII, 1 : (Marius) « castella et oppida natura et viris parum munita adgreditur. »

sions'. Les modes de construction sont ceux que nous avons indiqués pour les refuges ^

Dans les villages préhistoriques, sur l'emplacement desquels on ne retrouve que des cendres, des restes d'aliments et des instruments en pierre, les habitations ont pu consister en des huttes, des mapalia fixes ^ Il n'est pas impossible que, même dans les temps qui ont précédé immédiatement notre ère, il y ait eu encore des villages partiellement ou entièrement formés de ces cabanes en matières végétales *. Mais leur entassement sur un étroit espace était un terrible danger en cas d'incendie, et, d'autre part, les matériaux pour construire des bâtiments en pierre se trouvaient sous la main. La maison que nous avons décrite, avec sa cour entourée d'un mur, telle a dû être, chez les Numides et les Maures, comme sur le territoire punique, la demeure ordinaire des villageois. Ces maisons ne bordent pas des rues, qui détermineraient leur emplacement. A proprement parler, il n'y a pas de rues et les espaces qui en tiennent lieu, qui permettent l'accès des habitations, sont les intervalles à contours irréguliers qui s'étendent entre les maisons. Celles-ci s'élèvent presque au hasard sur l'aire que clôt le rempart. Souvent, cependant, un certain nombre d'entre elles s'appuient par derrière à ce rempart, qu'elles renforcent^ Ou. même, formant une longue chaîne, elles constituent l'enceinte par la continuité de leurs murs postérieurs ^

1. Voir, p. ex., ToussainI, Bull, archéol.du Comité, 1897, p. 277, n" 52; Jacquot, Rec. de Constantine, XXXV, 1901, p. 99-100 (bas des murs en très gros blocs; audessus, entassement de matériaux plus petits); La Blanchère, l. c, p. 31.

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