‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 270 sur 319 · Gonf. Toutain, dans Mélanges Gagnai, p. 320 et suiv · texte numérisé non relu

Gonf. Toutain, dans Mélanges Gagnai, p. 320 et suiv

7. Diodore de Sicile, XX, 57, 5-6; XX. 58, 1. Conf. t. II, p. 95; t. III, p. 51, 52.

8. Appien, Lib. 33. Gonf. t. III, p. 252. Dans son récit de la bataille dite de Zama, Appien {Lib., 39; 40; 47) mentionne plusieurs villes, dont la position nous est inconnue, aussi bien que le lieu de la bataille : voir t. II, p. 111; t. III, p. 262-3.

Suthul et Thala, qui figurent dans le récit de la guerre de Jugurtha par Salluste'.

D'autre part, beaucoup de ruines romaines, souvent importantes, se rencontrent dans des sites escarpés, qui ont été certainement choisis à cause des avantages qu'ils offraient pour la défense : par conséquent, en des temps troublés, qu'on est plus disposé à placer avant que pendant la domination de Rome en Afrique; la force de l'habitude aurait retenu dans ces lieux les descendants des premiers occupants. Mais, si cette conclusion est recevable pour l'Est de la Berbérie, où la paix romaine régna véritablement durant des siècles, elle l'est bien moins pour le centre de cette contrée et ne l'est pas du tout pour l'Ouest, où Rome ne réussit pas à garantir la sécurité d'une manière définitive, et où des précautions restèrent aussi nécessaires que par le passé. Naturellement, là où l'on peut croire à un établissement antérieur, les ruines des constructions romaines qui l'ont recouvert ne nous permettent pas d'en apprécier l'étendue.

Nous avons dit^ que les noms indigènes portés par de nombreuses villes sous l'Empire ne prouvent pas l'existence de centres urbains à une époque plus ancienne. Les noms puniques, d'ailleurs rares, sont de meilleurs arguments à cet égard, car ils n'ont guère dû être donnés qu'à des lieux ayant quelque importance commerciale ou politique, donc à des villes.

En dehors d'une quinzaine de cités du littoral et de deux ou trois de l'intérieur, les monnaies municipales à légendes puniques sont d'attribution incertaine. Des magistrats appelés sufètes, comme dans les villes d'origine phénicienne, témoignent d'une organisation urbaine. Mais, parmi les documents concernant des sufètes, très peu nombreux sont ceux qui remontent

1. Voir ici, p. 271-2 et 277-8. Pour Zama, voir p. 268-9. Parmi les villes qui furent détruites dans des guerres antérieures à l'Empire, Slrabon (XVII, 3, 12) indique TtjtaoO: et Zty/a (dans certains manuscrits Zî-^a), qu' sont inconnues; peut-être les noms ont-ils été altérés par les copistes.

aux temps des royaumes indigènes. Les autres, qui datent de la domination romaine \ n'attestent pas péremptoirement l'existence antérieure du sufétat aux lieux oii on les a trouvés, car il n'est pas inadmissible que le gouvernement de Rome ait accordé une constitution de type punique à des cités nouvelles.

On ne peut pas non plus invoquer avec certitude les inscriptions puniques, qui, sauf à Cirta, appartiennent en général à la période romaine. Cependant, là ou elles se découvrent en grand nombre, il est vraisemblable que la langue des Carthaginois, langue du commerce et langue officielle sous les rois, s'est implantée dès cette époque dans un milieu urbain, et qu'elle y a été, non seulement parlée, mais écrite : ce qui lui a donné assez de force pour résister ensuite plus ou moins longtemps au latin.

Des débris d'édifices de style gréco-punique sont des documents plus probants encore, car les plus récents ne sont pas postérieurs au début de notre ère. Ces œuvres d'art étaient à leur place dans des villes, mieux que dans des villages de paysans. Quant aux sépultures indigène^*, — qui ne sont pas toutes de l'époque des rois, — on en élevait auprès des villages comme auprès des villes, et même à l'écart des lieux habités.

Somme toute, avec les matériaux dont nous disposons, il nous est impossilile d'étudier d'une manière précise la répartition des centres urbains et des bourgs dans les royaumes de Numidie et de Maurétanie. Nous devrons nous contenter ici d'une esquisse fort incomplète.

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