‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 45 sur 319 · Westermarck, Cérémonies du mariage, p · texte numérisé non relu

Westermarck, Cérémonies du mariage, p

saisit par la taille et dont il implore la protection; il est rare que ses ennemis osent commetlre un sacrilège en violant cet asile '. C'était à des femmes, et non pas à des hommes, — du moins parmi les vivants, — qu'on attribuait, dans l'antiquité et même plus tard, le privilège de prévoir l'avenir ^ : nous connaissons ainsi des prophétesses fameuses, dont quelquesunes étaient de haut rang : la mère de Masinissa, la Kâhina, reine de l'Aurès.

L'Islam admet des maraboutes, acquérant elles-mêmes ou recevant en héritage cette sorte de fluide sacré qui donne à ses détenteurs un pouvoir extraordinaire. Mais, du culte j)ublic, il a écarté les femmes. Cette exclusion a été une nouveauté pour les Berbères. Hérodote^ décrit une grande fête religieuse que des jeunes filles célébraient dans la région de la petite Syrte, après s'être livrées à un rite magique d'expulsion du mal. Les femmes participent encore à nombre de cérémonies magiques qui persistent dans l'Afrique du Nord et qui se sont fort peu islamisées \ Cependant il serait tout à fait téméraire d'attribuer le rôle important qu'elles y jouent à une gynécocratie lointaine, ou même à une organisation primitive des groupes sociaux en familles maternelles.

Sauf chez les Touareg, le système familial est partout le même chez les Berbères. Ils appartiennent sans doute à des races diverses, qu'une longue série d'événements inconnus a superposées ou juxtaposées. Mais le temps a unifié leurs institutions sociales, comme leurs mœurs, comme leur langue.

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