Voir Jullian, De la Gaule à la France, p
2. Peut-être est-ce cette prétendue parenté qui a f.iit donner par les Romains à la tribu berbère le nom de gens, lequel désigne chez eux la famille agnatique. Les textes qui attribuent un ancêtre mythique à des tribus africaines sont des inventions d'auteurs grecs, non des témoignages indigènes : voir Pline l'Ancien, VII, 14 (d'après Agatharchide); Josèphe, Ant. Jud., I, 15, 241 (d'après Alexandre Polyhistor); Apollonius de Rhodes, IV, 1494, 1496. Mais cette fiction d'une origine commune des membres d'une tribu est extrêmement répandue en Berbérie au moyen âge et aux temps modernes : d'où la fréquence des termes Oulad et Béni (les fils d'un tel) pour désigner ces tribus. Peut-être des influences arabes y ontelles aidé : conf. G. Marçais, Les Arabes en Berbérie, p. 4.3-44; ce n'est pas là, du reste, une hypothèse nécessaire, car, chez beaucoup de peuples anciens, les liens sociaux ont été expliqués et justifiés par de prétendus liens de parenté.