‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 63 sur 319 · Bâtes, The Eastern Libyans, p. 46 et suiv · texte numérisé non relu

Bâtes, The Eastern Libyans, p. 46 et suiv

d'Afrique, c'est-à-dire en Tunisie, en Tripolitaine et dans J' Algérie orientale'. Les Grecs les désignaient sous le nom d'è'SvT]"^; les Latins les appelaient gentes^, parfois nationes^, populi^.

Les éléments dont la tribu se compose sont nécessairement des groupes de voisins, qui, pour mieux protéger leurs propres terres, s'associent et deviennent ainsi les défenseurs solidaires d'une région plus ou moins étendue. Une tribu ne se conçoit pas sans un territoire qu'elle se réserve, ou, du moins, dont elle dispose, qu'elle habite en permanence ou pendant une bonne partie de l'année. Cette association se forme, en général, entre gens qui mènent la même vie et ont, par conséquent, les mêmes intérêts à sauvegarder. Ses limites lui sont souvent assignées par la structure du sol; comme les pays de la vieille Gaule, mais dans une moindre mesure et avec plus d'élasticité, bien des territoires de tribus africaines sont en même temps des régions naturelles.

L'agriculture se répandit lentement chez les Libyens. Si, au v^ siècle avant notre ère, les populations de l'Est de la Tunisie s'adonnaient aux céréales, s'il en fut de même de celles que Cartilage soumit à sa domination directe, la plupart des Numides et des Maures, habitants du Nord de l'Algérie et du Maroc, se bornaient, au début du second siècle, à l'élevage du bétail, même là oii le climat et le sol leur auraient permis de

1. Pline l'Ancien, V, 29 (d'après un document officiel du règne d'Auguste) : mention de 516 popuZi, dont la plupart étaient des tribus (conf. ibid., V, 30).

2. Hécatée, dans Fragm. hist. Graec, I, p. 23, n" 307. Hérodote, II, 32; IV, 167, 171, 172. Ératosthène, apud Strabon, III, 5, 5. Polybe, VII, 9, 5 et 7; XII, 3, 4. Diodore de Sicile, XIII, 80, 2. Appien, Lib., 59. Élien, Nat. anim., VII, 23; XVII, 27. <î>-j),a, dans Denys le Périégète, 186 {Geogr. Gr. min.. Il, p. 112). Févr,, dans Diodore, III, 49, 1 et 2. — Pour la Gaule, le mot à'evr) désigne des peuplades, çOXa les tribus dont se composent ces peuplades : Jiillian, Hist. de la Guule, II, p. 14-15, 19.

3. Pline l'Ancien, V, 5; 9; 17; 21; 52; etc. Très fréquemment dans Ammien Marcellin (XXIX, 5, 11 et suiv.), dans la Johannide de Gorippus, dans les inscriptions latines d'Afrique.

4. Pline, V, 30. Ammien, XXIX, 5, 2 ; 14 ; 28 et 44. C. I. L., V, 5 267 ; VIII, 22 729.

5. Pline, V, 1. Ammien, XXIX, 5, 40. Paul Orose, ^du. pag., IV, 9, 9. Etc.

suivre l'exemple des indigènes delà Berbérie orientale'. A ces tribus pastorales du Tell, de longs déplacements n'étaient pas nécessaires. Il leur suffisait de disposer de plaines pour le pacage d'hiver, de forêts et de montagnes oîi elles menaient leurs troupeaux pendant l'été, et où elles trouvaient du gibier en abondance : tel devait être le double aspect des territoires qu'elles réussissaient ou cherchaient à se constituera Entre deux plaines ou deux vallées appartenant à deux tribus différentes, une chaîne boisée était propre à former une zone frontière, où l'on n'avait peut-être pas cure de fixer des limites précises. A la lisière du pays plat et de la montagne, dans un lieu escarpé, la tribu pouvait établir un refuge^ où elle allait s'enfermer avec ses troupeaux, si son territoire était envahi par des ennemis plus forts, où, souvent, elle déposait ses objets précieux et les grains qu'elle avait achetés ou pris de force ^

Le passage de la vie pastorale à la vie agricole est, soit un effort vers plus de bien-être, vers une existence plus tranquille, soit une déchéance, au moins temporaire, à laquelle doivent se résigner les éleveurs qui ont perdu leur bétail. Ce sont fréquemment des vaincus^; ils vont se fixer où ils peuvent. Les autres tribus agricoles s'étendent de préférence dans des plaines assez larges pour permettre l'alternance des jachères et des champs emblavés, avec une ceinture de hauteurs sur lesquelles sont juchés les villages, et qui, lorsque l'arboriculture se développera, porteront des vergers. Par derrière, des forêts fourniront le bois nécessaire au chauffage et à la construction.

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