A. Bernard, Le Maroc, p
3. Lors des invasions qui eurent lieu aux temps de Ménephtah et de Ramsès III, plusieurs tribus africaines s'avancèrent sous le haut commandement de Màraiou, roi des Lebou; puis de Didi et Màraîou; enfin de Kapour, chef des Mashaouasha (pour ces personnages, v. supra, p. 71, n. 4).
tingents alliés restent distincts, mais le commandement suprême peut être confié à un chef temporaire, élu ' ; les décisions communes sont prises par une assemblée composée de représentants des diverses tribus '.
D'autres confédérations ont une existence plus longue et font figure de peuplades. Elles embrassent des tribus qui habitent une région formant une assez vaste unité géographique, par exemple un grand massif montagneux, une suite de plaines \ Ce cadre et l'identité des conditions d'existence, parfois aussi l'usage d'un même dialecte, créent une certaine solidarité, qui ne s'affirme guère que dans des luttes contre des étrangers, mais qui est considérée comme permanente et s'exprime par une dénomination commune. Les liens sont cependant très lâches, à moins que le chef d'une de ces tribus n'arrive à étendre sa suprématie sur les autres et à constituer ainsi un petit Etat, qu'il s'efforce de transmettre aux siens* et où le pouvoir personnel tend à dominer ou à annuler l'assemblée fédérale.
La Berbérie a connu dès l'antiquité des groupements beaucoup plus vastes, créés sans doute par la force des armes, comme ceux qui se sont formés au moyen âge. Il nous est impossible de remonter au delà des siècles qui ont immédiatement précédé l'ère chrétienne. On ne saurait dire si de véritables Etals, unissant un grand nombre de tribus pour en faire des ébauches de nations, ont existé plus tôt dans cette contrée.
1. p. ex., à l'époque byzantine, Garcasan, chef des Ifuraces. Gorippus, Jo/i., VI, 142-4 :
... cuncti olamore sequuntur Carcasanque fremunt, Carcasan omnibus unum (Jentibus esse ducem linguis animisque fatcntur.