‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 3)Chapitre 93 sur 319 · Odes, II · texte numérisé non relu

Odes, II

Barbaras Syrtes, ubi Maura semper Acstuat unda.

On pourrait se demander si Horace n'a pas voulu comparer ainsi les marées qui, sur les rives africaines de la Méditerranée, ne se produisent que dans le golfe des Syrtes, avec celles des côtes océaniques du même continent, en Maurétanie; mais la pensée serait bien subtile. — C'est par pure erreur que quelques textes qualifient Syphax, Masinissa, Juba I", de rois des Maures : De viris illustr., 49 (conf. ici, t. III, p. 178, n. 6); Athénée, XII, 16; Pseudo-Lucien, Macrob., 17; Élien, Nat. anim., VII, 23. Conf. Epitome de Tite-Live, 1. CX; Eutrope, VI, 23, 1; pour Florus, infra, p. 95, n. 2.

ou, pour mieux dire, un rhéteur, — Florus, appelle Mauri des Numides ^, peut-être par erreur -. A partir du iii^ siècle % surtout sous le Bas-Empire * et aux époques vandale ^ et byzantine ^, cet emploi généralisé du terme Mauri^ en grec Maupo'jfji.01, devient très fréquent \ Tous les indigènes, depuis l'Atlantique jusqu'à la Cyrénaïque, sont désormais des Maures.

Nous n'avons pas de motifs de croire qu'eux-mêmes aient adopté le sens si large qu'avait pris un nom limité peut-être jadis à une tribu du Maroc. En tout cas, ce nom ne s'est pas conservé dans les dialectes berbères, non plus que dans la langue arabe. Ce sont les Européens qui l'ont appliqué de nouveau à des habitants de l'Afrique : citadins, dont beaucoup descendent des Mores chassés d'Espagne; nomades du Sahara occidental.

Entre le royaume des Maures et le territoire carthaginois, s'étendaient, au m® siècle avant notre ère, deux autres royaumes, celui des Massesyles et celui des Massyles. Ces deux noms sont certainement indigènes^; au singulier, les formes libyques

1. II, 13, 34. De môme, au siècle précédent, le poète Lucaia (IV, 784; VIII, 283).

2. Il s'agit de sujets de Juba I". Or Florus paraît croire que ce roi de Numidie était roi de Maurétauie (II, 13, 65 et 89). — Pour l'emploi du mot Maupoûacoi dans deux passages d'Appien, v. injra, p. 107, n. 6.

3. Hérodien, Vil, 9, 1 (« ceux des Maurusiens que les Romains appellent Numides •>). Dédicaces Diis Mauris et Cereri Maurusiae, trouvées en Numidie : C. /. L., VIII, 2 637-2 641; Gsell, Inscr. lat. de V Algérie, I, 2 033, 2 078, 3 000 (une de ces inscriptions, C. /. L., 2 637, est même du second siècle).

4. Vibius Sequester {apud Riese, Geogr. Lai. min., p. 157, 158) : Barcaei, Garamantes, Numidae, qualifiés de Mauri. Ammien Marcellin, XXVI 4, 5 : « Mauricae gentes » en Tripolitaine. Servius, In Aen., VI, 60 : « Massyli sunt Mauri. »

O.Victor de Vite, II, 28.

6. Procope, Bell. Vand., II, 4, 27 (en Numidie); II, 13, 26 (dans l'Aurès); II, 8, 9 (en Byzacène et en Numidie); II, 24, 5 (en Byzacène); I, 8, 15, et II, 21, 2 (en Tripolitaine); Aedif., VI, 2 et 3 (en Cyrénaïque et en Tripolitaine); etc. Gorippus, Joh., Il, 2, 29, 157, 183, etc. (pour des indigènes de la Numidie, de la Byzacène, de la Tripolitaine).

7. Procope entend si bien le terme Ma^jpoûatos dans ce sens général, qu'il se sert d'un autre mol, Ma-jpiTavoî, pour désigner les habitants de la Maurétanie : B. V., II, 1.7, 35; 11,20, 21.

8. Beaucoup de noms indigènes commencent par Mas... (conf. t. I, p. 315, n. 4) et certains ressemblent fort à ceux des Masœsyles et des Massyles : p. ex., dès le

devaient être Masaïsoul, ou Masaisil\ et Âfasoiil, ou MasîP. Les étrangers les ont transcrites et déclinées de diverses manières^ : pour les Maseesyles, les formes les plus fréquentes sont, en grec*, MaTawjXiot.^ ou Maa-aîcruÀoi.^, parfois avec deux aaprès Ma', en latin, Masaesyiii^, Masaesyli^ ; pour les Massyles, en grec, Maa-ÛA'.oi,*'', Maa-o-ûA',©!.*', Macro-ùXo'.*-, Mao-uXsïç'^ en latin, Massylii^^ Massyli^^.

Avant de donner leur nom à un Etat, les Maseesyles avaient

XII" siècle, on mentionne un chef africain appelé Mashashalou : Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient classique, III, p. 472; voir aussi t. IV de cette Histoire, p. 174, n. 9-11.

1. Conf. peut-être Masaisilen, nom de personne sur une inscription latine de Maurétanie : C /. L., VIII, 9 010, et Gseli, dans Bec. de Constantine, XXXVI, 1902, p. 30, n. 3. Masesu..., sur une autre : C. /. L., 9 641.

2. Masul {Masulis, au génitif), nom propre sur des inscriptions latines : C. /. L., VIII, 8 296, 11310-1; Bull, archéol. du Comité, 1894, p. 346, n° 23. Silius Italicus (I, 405) appelle Masulis un Carttiaginois. — Peut-être MSYL, sur une inscription libyque : Halévy, dans Jonrn. asiat., 1874, I, p. 140, n° 100.

3. Les Massyles sont mentionnés, sous la forme [MjSLYYM, dans une inscription néopunique de Cherchel : Bev. d'assyrioL, II, p. 36.

4. Les leçons varient souvent dans les manuscrits, en particulier dans Strabon, II, 5,33; XVII, 3, 6; ibid. 7 et 9.

5. Polybe, III, 33, 15 (inscription d'Hannibal); XVI, 23, 6. Strabon, dans certains manuscrits. Plutarque, De mulier. virtut., 10. Etienne de Byzance, s. u. ; Suidas, s. V.

6. Strabon, dans certains manuscrits. Ptolémée, IV, 2, 5 (p. 603). — Etienne de Byzance mentionne encore les formes MaaatauÂEÏç et Maaa'.a-uXr-rat. MeaoXffou- "/o(7(7a)v, au génitif, sur une inscription grecque métrique de Cherchel : C. /. L., VIII, 21 441 (s'il s'agit bien des Masaesyles).

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