LXXXVII-LXXXVIII
jours après la mort de Caton, si, comme on peut le croire, il avait accompagné César dans cette ville.
Le surlendemain de la bataille de Thapsus, dans la soirée,, un courrier arriva à Utique et annonça le désastre*. Au milieu de l'affolement général, Caton resta calme". Il crut d'abord qu'il pourrait continuer la guerre. Bien fortifiée^ et abondamment pourvue de vivres", Utique se trouvait en état de supporter un long siège. On ne disposait, il est vrai que de troupes peu nombreuses : la garnison importante que Scipion avait laissée quand il était parti en campagne^, avait été, semble-t-il, très diminuée par des envois de renforts faits par Caton à ^armée^ Mais on pouvait espérer qu'une partie des vaincus réussiraient à revenir du champ de bataille \ et il y avait, à Utique même, des hommes capables de porter les armes, qui n'avaient point encore été recrutés.
Le lendemain (9 avril), Caton convoqua au temple de Jupiter les Trois-Cents, — c'est-à-dire, croyons-nous, l'assemblée représentant les citoyens romains qui habitaient la ville % — et, avec eux, tous les sénateurs présents et leurs enfants. Il les exhorta à résister à César et les pria d'en délibérer^ Touchés par ses paroles, pleines de fermeté et de noblesse, ils se montrèrent prêts à le seconder. L'un d'eux proposa de donner la liberté aux esclaves, pour les enrôler, et beaucoup l'approu-
1. Plutarque, Caton, 58. Appien, II, 98. II y avait ua peu plus de 200 kilomètres à parcourir. Avec des relais bien organisés, la nouvelle aurait pu parvenir plu* tôt à Utique : conf. t. VII, p. 222, n. 6.