Voir t. VII, p
L AFRIQUE AUX POMPEIENS. 19
mouvement dès qu'il connut le débarquement des Césariens et leur marche surUtique.
Curion fut, lui aussi, informé de l'approche de Juba. Selon l'auteur des Commentaires^ il n'y crut pas d'abord, persuadé <jue le roi n'oserait et encouragé dans sa confiance par les heureuses nouvelles qui, d'Espagne, parvenaient à son camp. Mais des renseignements certains lui apprirent que les troupes numides étaient à moins de 23 milles d'Utique '. Il ne pouvait exposer sa petite armée à être prise entre deux ennemis. Il leva <lonc le siège et se retira aux Castra Cornelia, lieu sûr où il attendrait des renforts : il ordonna, en effet, qu'on lui envoyât 4e Sicile les deux légions et les cavaliers qui y étaient restés"^.
Cette résolution était sage. Par malheur, Curion ne s'y tint pas. D'Utique accoururent quelques transfuges, qui lui affirmèrent que Juba était rentré dans son royaume, rappelé par <ies conflits avec des voisins : c'était son lieutenant Saburra qui venait secourir la ville, à la tête de troupes peu nombreuses. Curion crut ces hommes, auxquels on avait sans doute fait la leçon avant de les lui adresser. Il se décida à combattre'.
Cependant, les barbares s'étaient rapprochés. Saburra, commandant une sorte d'avant-garde *, campait sur la rive gauche du Bagrada, à environ 10 milles (13 kilomètres) au Sud d'Utique ^ Quant à Juba, qui, contrairement aux dires des transfuges, l'avait suivi avec toute son armée, il s'était arrêté à 6 milles (9 kilomètres) de là, très probablement sur la rive
1. C'est-à-dire vers Tébourba, dans la vallée de la Medjerda.
2. B. c, 37. Voir aussi Dion, XLI, 42, 1, qui dit que Curion était même résigné •à retourner en Sicile, si les ennemis le pressaient trop. Appien (II, 45) croit à tort que le camp des Césariens resta devant Utique.
3. B. c, 38, 1-2. Appien, II, 45. Voir aussi Dion, XLI, 41, 5, et 42, 2: Fronlin, Stratag., II, 5, 40.