‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 208 sur 357 · Infra, p · texte numérisé non relu

Infra, p

7. Gagnât. /?fr. épigr., I, 1913, p. 4 et suiv. (conf. Dessau, Jnscr. l.at. sel., 9469). Gagnât. C. r. Acad. Inscr., 1915, p. 318. Poinssot, Nouv. Arch. dts .Missions. XXII

supposer que le nom Concordia fut ajouté plus tard' ; il convient parfaitement à une colonie fondée au nom de Jules César et peu après sa mort'.

Si nous comprenons bien quelques mots de Tertullien', les colons furent conduits et installés par T. Statilius Taurus, qui, en 35 avant J.-C, devait revenir en Afrique comme proconsul*. On ignore leur nombre, à moins que, dans le passage où Appien confond la déduction de l'année 44 et celle de l'année 29, le chiffre de 3 000 ne se rapporte à la première, et non à la seconde. C'étaient, d'une part, des vétérans^ d'autre part, des citoyens pauvres, recrutés en Italie^; peut-être aussi quelques descendants, restés en Afrique, des colons amenés jadis par C. Gracchus'. Des affranchis furent admis, non seulement à

(1921), p. 155. Gagnât et Merlin, Inscr. lat. d'Afrique, 401. Dans des inscriptions africaines, ces noms sont indiqués en abrégé, c(oloma) C(oncordia) l(ulia) K(arthago) : C. /. L., YIII, 15529, 23820, etc.

1. On trouve dans Tertullien (De pallio, 1) une allusion à la concorde régnant, semble-t-il, entre les colons de la colonie romaine et les indigènes au profit desquels fut constituée, en l'année 28 av. J.-C, une commune autonome, et qui reçurent ensuite le droit de cité romaine : • cum concordia iuvat, toga oblata est ». Voir à ce sujet Barthel, Zur Ge<chichte, p. 21. Mais je ne crois pas que ce soit à cette concorde que Garlhage ait dû son nom de Concordia, qu'elle n'aurait reçu qu'après 28 (hypothèse de M. Dessau, dans Hermès, XLIX, 1911, p. 510).

2. Pour d'autres colonies romaines appelées Iulia Concordia et fondées vers cette époque, voir Gagnât, Rev. épigr., l. c., p. 6 et suiv. ; Merlin et Poinssot, Mém. des Antiquaires de France, LXXII, p. 139.

3. L. c. : ' post ... longas Gaesaris moras, ubi moenia Statilius Taurus imposait ».

4. On croit d'ordinaire que ces mots de Tertullien se rapportent à un acte du proconsulat de Taurus. L'explication que j'en donne me parait préférable. Une lettre de Cicéron (/Id fam., XII, 25, 1) nous apprend qu'au début de l'année 43, Taurus se livrait à des intrigues avec Calvisius, ancien gouverneur de VAfrica vêtus, qui prétendait retourner dans cette province en remplaçant le gouverneur en fonctions, Gorniflcius. Ge rùle s'explique assez bien, si, par sa mission toute récente à Garthage, Taurus se jugeait qualifié pour se mêler des affaires d'Afrique. — Comme M. Audollent le fait remarquer (l. c, p. 46), les mots « moenia imposuit », dont Tertullien se sert, indiquent la construction de la ville, et non l'établissement d'une enceinte : la Garthage romaine n'eut pas de remparts avant le V" siècle de notre ère.

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