Appien, IV
Les deux gouverneurs demandèrent l'aide du roi Arabion et des Sittiens. Ceux-ci, attachés à la mémoire du grand César, embrassèrent la cause de son fils adoptif. Les souvenirs du passé invitaient, au contraire;, Arabion à combattre les Césariens. C'est ce qu'il fit tout d'abord '. Mais il estima ensuite que Sextius et les siens finiraient par l'emporter, et, sans s'embarrasser de scrupules, il se mit de leur côté^.
II est malaisé de combiner, et parfois de concilier les deux récits assez différents qu'Appien ^ et Dion Cassius'^ font de cette guerre. Voici ce qui nous paraît vraisemblable.
Sextius crut d'abord que les ennemis, profitant de leur supériorité numérique, se jetteraient sur sa province; il se prépara donc à leur résister. Puis, voyant qu'ils ne se décidaient pas et enhardi par des présages favorables, il prit l'offensive. Il envahit la vieille Afrique et s'empara d'Hadrumète et de plusieurs autres villes^ : ce qui lui donna une confiance excessive. Il ne se tint pas sur ses gardes et perdit un grand nombre de soldats dans une embuscade que lui tendit Ventidius. Après cette défaite, il se retira en Numidie'^, où ses adversaires pénétrèrent. Lœlius, secondé par Arabion^, assiégea Cirta*; dans des engagpments de cavalerie, Ventidius remporta quelques succès sur Sextius et fit prisonnier son questeur ^ Mais la for-