‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 269 sur 357 · nev. arckéoL, 1910, 1, p · texte numérisé non relu

nev. arckéoL, 1910, 1, p

3. Ant. Jud., XVII, 13, 4 (349-350). Bell. Jud., II, 7, 4 (115).

l'avait adopté), se rendit en Asie, l'an 1 avant J.-C. Il y resta longtemps et y mourut au mois de février de l'an 4 de notre ère. Parmi les grandes choses qu'Auguste lui avait donné mission d'accomplir, était prévue une expédition en Arabie, qui, d'ailleurs, n'eut pas lieu. Le très savant Juba se chargea d'écrire, à l'intention du jeune César, un ouvrage fournissant sur cette contrée tous les renseignements nécessaires. Il est tentant d'admettre, avec K. Millier', que, pour mieux se documenter, il accompagna ou rejoignit Gaïus, et trouva Glaphyra, alors veuve, à la cour d'Archélaûs de Cappadoce. Il se serait laissé séduire par celte femme intrigante et fort belle, quoique déjà mure, et il l'aurait épousée ^ Mais le charme s'étant vite rompu, Juba serait rentré seul dans son royaume.

Gomment la Maurétanie fut-elle gouvernée en son absence, si l'hypothèse de cette absence est fondée? Nous ne saurions le dire. On s'est demandé^ si Cléopâtre Séléné ne reçut pas la régence [ou, pour parler plus exactement, n'exerça pas seule l'autorité royale, que, son mari étant présent, elle partageait officiellement avec lui], si les monnaies qu'elle fit frapper ne datent pas de cette époque. Opinion que nous ne pouvons pas adopter, puisque, à notre avis, Cléopâtre était déjà morte.

Par l'octroi d'un vaste ro3^aume africain, Auguste avait donné au jeune Numide exilé en Italie une grande preuve de

1. Dans Fragm. hist. Graee.,\U, p. 466. Cette opinion a été adoptée par d'autres : voir, p. ex., La Blanchère, De rege luba, p. 76-77; Schiirer, Geschichte des jiidischen Volkes, 3° édit., I, p. 431, n. 7; Bouché-Leclercq, Hist. des Lagides, II, p. 366-7; Dieudonné, Rev. numism., 1910, p. 439, 442.

2. Moramsen {Gesamm. Schriften, VIII, p. 273-4) a rapporté à Glaphyra, femme de Juba, une dédicace très mutilée, trouvée à Athènes : /. G., III, 549. Elle concerne une reine dont le nom manque, ainsi que celui de son mari, et qui était flUe d'un Archélaos.

3. Dieudonné, Rev. numism., 1910, p. 439-440. Stàhelin, dans Real-Encyclopâdie , XI, p. 785.

bienveillance '. Juba lui en témoigna de toutes les manières sa gratitude, qui s'accordait, du reste, avec son intérêt.

En l'honneur du César, il appela Caesarea la ville d'Iol, sa capitale^. Il y institua un culte de l'empereur, de l'empereur vivant, culte qui, après la mort d'Auguste, en 14 après J.-C, fut reporté sur Tibère, sans préjudice des hommages dus au prince défunt. Des monnaies de Juba représentent un autel entouré d'une guirlande et flanqué de deux arbres, image réduite d'un bois consacré à Auguste, comme l'indique la légende : Lucus^ Augusti^. Sur d'autres monnaies, ce sont des édifices du culte impérial : un temple à six colonnes, avec un aigle dans le fronton et l'inscription A ugusti ^ ; un temple à quatre colonnes, désigné par la même inscription'^; une chapelle, dont la haute porte est flanquée de deux pilastres, le fronton orné d'un aigle (ou d'une couronne) et accoté de deux Victoires, le faîte surmonté d'un croissant, la frise munie de l'inscription Augustin ou Augustus'^ ; ce sanctuaire apparaît avec les dates du règne XXXI (6-7 après J.-C), XXXII, (7-8), c'est-à-dire du vivant d'Auguste, puis XLI (16-17) et XLIII (18-19), après l'avènement de Tibère, auquel s'applique alors le nom d'Augustus, son prédécesseur étant devenu le Divus Augustus.

Une image fréquente sur les monnaies de Juba, môme après

1. Pour les sentiments amicaux d'Auguste à l'égard de Juba, voir Plutarque, Antoine, 87; Festus Avionus, Ora maritima, 279.

2. Slrabon, XVII, 3, 12. Pomponius Mêla, I, 30. Pline l'Ancien, V, 20. Ampelius, 38. Eutrope, VII, 10. Je ne sais s'il faut rapporter à Cœsarea des monnaies sur lesquelles on croit lire Situtn Caesaris : MûUer, Numism., III, p. 138-9, n"' 211-2.

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