‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 271 sur 357 · Conf. Millier, p · texte numérisé non relu

Conf. Millier, p

7. Héron de Yillefosse, Bull, archéol. du Comité, 1916, p. 93-109, pi. X-XIV. Durry, Musée de Cherchel, Supplément, p. 98-107, pi. XI-XII. Gsell, Promenades archéol.. p. 58-59 et pi. 11.

8. Qui n'est pas celui de M. Rostovtseff, Mém. présentés ù CAcad. des Inscriptions, t. XIII, p. 479-480.

côté, César divinisé, le Divus luliiis, couronné par la Victoire; de l'autre côté, en face de César, l'aïeule des lulii, Venus GenetriXj et aussi Victrix, tenant un glaive et un bouclier; l'Amour, armé d'un arc, l'accompagne. Par le style, l'attitude générale, la disposition des figures de la cuirasse, cette belle œuvre rappelle la célèbre statue d'Auguste découverte à Prima Porta et aujourd'hui au Vatican : elle est digne à la fois d'Auguste et de Juba.

Une autre statue, très mutilée, celle d'un homme assis, le torse nu ', a été recueillie dans un édifice qui datait probablement de l'époque de ce roi^. Elle a eu la bonne fortune de conserver sa tête : quoique la ressemblance soit médiocre, il convient, je crois, d'y reconnaître Auguste, âgé d'une quarantaine d'années, par conséquent vers le temps où Juba commença à régner. Mentionnons encore une tête colossale % qui peut, elle aussi, avoir représenté Auguste ''; d'abord nue, elle fut, peutêtre après la mort et la consécration de l'empereur, parée d'une couronne en métal". Elle appartenait à une statue qui, eu égard à ses dimensions, devait être placée dans un grand temple.

Enfin, on a trouvé dans les fouilles de Cherchel un très bon portrait de Livie, la femme d'Auguste et la mère de Tibère \

Plusieurs monnaies de Juba portent au revers la légende Caesarea, qui peut désigner sa capitale ', mais qui a sans doute une autre signification quand elle est entourée ou accompa-

1. Gauckler, Musée de Cherchel, pi. VIII, flg. 3; Durry, l. c, pi. IX, fig. 2.

2. Dans les ruines voisines de l'Esplanade {v. infra, p. 244-5) : Gauckler, L c, p. 54 et 115.

3. Gauckler, pi. VII, fig. 6 (elle est aujourd'hui au musée d'Alger).

4. Je ne veux pas l'affirmer, mais cela me parait vraisemblable. D'autres ont voulu, bien à tort, y reconnaître Juba, ou même Cléopàtre Séléné.

5. Comme le prouvent une large entaille et des mortaises creusées autour de la tête pour l'insertion de cette couronne.

6. Gsell, Rev. archéol., 1901, I, p. 79-80 et fig. Durry, pi. IX, fig. 1.

1. C'est le cas quand ce nom accompagne une tôle de femme tourelée : v. infra, p. 230, n. 10.

gnée d'une couronne'. Il s'agit de jeux, célébrés en l'honneur ■de l'empereur*. Certaines de ces monnaies indiquant les années XXX et XXXI, XL et XLI du règne (5-6, 6-7; 15-16, 16-17 après J.-C), on a supposé que c'étaient des fêtes décennales, instituées en l'an XXX, renouvelées en XL, et s'étendant sur une période de deux ans^ L'hypothèse est très contestable, car il existe aussi des monnaies, avec la légende Caesarea dans une couronne, qui sont datées des années XXXII et XLIII.

Ce n'était pas tout d'encenser Auguste; il fallait aussi lui rendre de réels services. Juba avait mission de contenir ses turbulents sujets, afin que la province romaine et les colonies ëparses dans son royaume pussent se livrer en toute sécurité aux travaux de la paix. Il n'y réussit pas toujours. Les Gétules, ■ces nomades pillards qu'il avait reçus en sus des Maures, sans peut-être les désirer, lui causèrent de grands embarras.

En l'an 6 de notre ère, la situation devint critique : « Les Oétules, écrit Dion Cassius \ irrités contre Juba et se refusant à obéir aux Romains, se soulevèrent contre le roi, ravagèrent les pays voisins et tuèrent un grand nombre de Romains qui firent -campagne contre eux. Leur puissance s'accrut à tel point que leur défaite valut à Cornélius Cossus les ornements triomphaux et un surnom, tiré de leur nom. » Cossus Cornélius Lentulus ■était alors proconsul d'Afrique, à moins qu'Auguste ne lui eût

1. Millier, p. 105, n» 51 (non datée), n»» o2-o4 (années XXXII, XLI, XLIII). Rev. nuinism., 1908, p. 353, n» 22 (non datée); p. 354-6, n" 28, 47, 48, et pi. XIII, flg. 22, 32; p. 362 (années XXX, XXXII). Au n" 39 {ibid., p. 355; pi. XIII, fig. 28), daté de l'an XXXI, il n'y a pas de couronne et la légende Caesarea accompagne les attributs d'Hercule; peut-être s'agit-il de la ville, et non des jeux. Sur une monnaie de bronze (Mûller, p. 107, n» 72), datée de l'an XXXIIl (lire peut-être XXXXIII), une couronne entoure une tête de femme tourelée et la légende Caesarea : ce qui peut se rapporter à la fois aux jeux et à la ville oii on les célébrait.

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