Voir Gsell, Hérodote, p
4. Ammien Marceliin, XXII, 15, 8 : « Rex luba Punicorum conflsus textu; librorum, etc. » Solin (XXXII, 2) mentionne aussi les « Punici libri » consultésà ce sujet par Juba. Voir Gsell, l. c, p. 214-5.
5. Qu'il y ait eu vraiment des crocodiles dans ces rivières, c'est ce dont on ne saurait douter. De nos jours encore, des crocodiles ont été rencontrés en plein Sahara : voir t. I, p. 66-67; E.-F. Gautier, Le Sahara, p. 72, 74, 97-98, 126.
6. V, 51-53. Pline ne cite pas Juba textuellement. Il est évident qu'il ne lui a pas emprunté le passage où il dit que le crocodile placé par le roi dans Viseum de Caesarea y est encore, ni la mention de la Caesariensis Maurelania, une des deux provinces créées par l'empereur Claude. Mais je ne vois pas pourquoi Plineaurait dû chercher ces indications dans un auteur intermédiaire. On peut fort.
l'enquête qu'a pu faire Juba, le Nil prend sa source dans une montagne de la Maurétanie inférieure [c'est-à-dire du Maroc], non loin de l'Océan. II forme aussitôt un lac, appelé NilidesK Les poissons qu'on y trouve sont des alabètes, des coracins, des silures. Un crocodile en a été rapporté pour servir de preuve, et Juba l'a consacré dans le temple d'Isis à Césarée, où il se voit encore aujourd'hui. En outre, on a observé que la crue du Nil correspond à une abondance excessive de neiges et de pluies en Maurétanie. Sorti de ce lac, le fleuve s'indigne de couler dans une région sablonneuse et aride; il se cache sur un espace de quelques jours de marche. Puis, s'élançant d'un autre lac plus grand, situé dansJe pays des Masaesyles, en Maurétanie Césarienne, il regarde, en quelque sorte, les sociétés humaines; les mêmes animaux prouvent que c'est bien le même fleuve. Absorbé une seconde fois par les sables, il disparaît encore dans des déserts de vingt journées de marche, jusqu'aux Ethiopiens voisins de cette contrée. Là, sentant de nouveau la présence de l'homme, il jaillit, — cela est du moins vraisemblable, ' — d'une source que l'on appelle Nigris^. Il sépare ensuite l'Afrique de l'Ethiopie. Ses rives sont habitées, sinon par des peuples, du moins par des bêtes sauvages, par de grands ani-
bien supposer que cet amiral navigua jusqu'à Césarée et y contempla le crocodile (animal qui vit fort vieux).
1. Le nom indigène de ce lac avait sans doute quelque vague ressemblance avec le nom du Nil : excellent argument en faveur de la thèse soutenue par Juba et ses devanciers.
2. Pline, V, 52 : « fonte ... illo quem Nigrum vocavere ». Je crois qu'il faut corriger Nigrim. Conf. Pline, VIII, 77 : « fons ... Nigris, ut plerique existimavere, Nili caput » ; V, 30 : « ... ad flumen Nigrim, qui Africam ab Aethiopia dirimit »; voir encore V, 44. Il s'agit probablement de l'oued Djedi, qui s'élend de la région de Laghouat à celle de Biskra : voir t. I, p. 297. Mais le chiffre de vingt journées démarche entre le second lac et la source de l'oued Djedi serait bien trop fort. Il peut être altéré. L'identification de ce Nigris avec le Niger, fleuve soudanais, me paraît inadmissible. Il faudrait reléguer en plein Sahara le pays que Pline indique en ces termes : « in CaesariensisMauretaniae gente Masaesylura ». D'autre part, il est difficile de douter que Pline ne parle pas du même fleuve dans les deux passages (V, 30 et V, 52) où il dit que le Nigris sépare l'Afrique de l'Ethiopie. Or, dans l'un de ces passages (V, 30), le contexte prouve qu'il s'agit d'un ^euve limitant la partie de l'Afrique soumise aux Romains.
maux, et son humidité crée des forêts. Puis il traverse par le milieu le pays des Ethiopiens, sous le nom d'Asfapus, etc. »
C'est aussi Pline* qui nous a transmis les résultats de l'enquête sur les Canaries. Cet archipel, qui partageait avec Madère et Porto-Santo les noms d' « îles des Bienheureux », d' « îles Fortunées ^ », les envo3'és de Juba n'eurent pas à le découvrir. Il avait sans doute été visité par des Phéniciens ^; les courtes indications de Pomponius Méla^ viennent de je ne sais où, mais non pas du roi de Maurétanie; un géographe, Statius Sebosus, qui écrivait soit au temps d'Auguste, comme Juba, soit un peu plus tôt ou un peu plus tard, donnait sur l'archipel des renseignements empruntés à des marins de Gadès ''.
L'expédition organisée par le roi partit des îles Purpuraires, c'est-à-dire de Mogador", et suivit une route qui ne dut être adoptée qu'après des tâtonnements, car elle atteste une réelle connaissance des courants et du régime des vents dans cette partie de l'Océan. « Les îles Fortunées, écrit Pline d'après Juba, sont situées au midi un peu vers l'Ouest des Pnrpurariae, à une distance de 025 milles, de telle sorte qu'on navigue pendant 250 milles vers l'Ouest, puis pendant 375 vers l'Est. » Vidal de la Blache ' a montré que cet itinéraire, en apparence singulier, était parfaitement justifié. Si Ton voulait aller de Mogador aux Canaries en droite ligue, on était pris dans un courant qui portait du large vers l'Est, donc vers la côte. Il valait mieux s'y soustraire, ce qu'on faisait en se dirigeant vers l'Ouest, sur 250 milles. « Une fois cet espace traversé, les navires se trouvaient dans la zone des forts courants du Nord