Pline l'Ancien, XVIII, 22. Conf. t. IV, p
GsELL. — Afrique du Nord. VIU. 17
questions, joindre des renseignements directs. C'est ainsi qu'iE organisa des expéditions, chargées d'enquêtes sur l'origine dw Nil et sur l'archipel des Canaries '.
Longtemps avant lui, on avait soutenu que la source, ou,, tout au moins, l'une des sources du grand fleuve se trouvait dans les montagnes du Sud marocain : telle était l'opinion d'un^ Promathos " de Samos, cité par Aristote; celle d'autres Grecs, dont des échos nous sont parvenus par Strabon et Vitruve^ contemporains de Juba, par Mêla, plus récent^; celle, enfin, d'un ou plusieurs Carthaginois, dont le roi de Maurétanie a, connu et apprécié les écrits '". On se fondait sur l'identité decertains animaux, — surtout des crocodiles, — et de certains végétaux, rencontrés aussi bien dans le Nil, en Egypte, que dans des rivières sortant de l'Atlas et se dirigeant vers le Sahara ^ Il n'importait guère que ces rivières disparussent dans les sables, car on admettait volontiers qu'elles coulaient tantôt en surface, tantôt sous le sol : hypothèse fort commode pour relier des cours d'eau que le vulgaire eût pu croire indépendants les uns des autres.
Juba estima cela fort raisonnable et envoya des gens pour vérifier et préciser les assertions des livres puniques. Il eut tout lieu d'être satisfait des résultats, et il les fit connaître dans un de ses ouvrages, d'où Pline l'Ancien les a extraits ^ « D'après
1. Pline, V, 51 (à propos du Nil) : « ut luba rex potuit exquirere ». Id., VI, 203 (à propos des Canaries) : « luba de Fortunatis ita inquisivit ».