Éliea, Nat. anim., XIV
JUBA II, SÂVAiNT ET ÉCRIVAIN. 263
leurs vertus : mémoire infaillible ' ; intelligence merveilleuse, qui leur permet de s'appliquer des remèdes appropriés lorsqu'ils sont blessés^, de tirer leurs compagnons des fosses où ceux-ci ont eu la malechance de tomber ^ ; sentiment très vif de l'honneur et de la justice, au point de refuser d'exécuter des sentences iniques * ; tendre affection pour certaines femmes^ ; pudeur délicate*; piété envers les dieux, auxquels ils rendent un véritable culte'. Après les éléphants, les lions. Juba narrait des anecdotes prouvant qu'ils n'oublient jamais le mal qu'on leur a fait, et que, même longtemps après, ils s'en vengent quand ils en ont l'occasion^, mais qu'ils se laissent toucher par des supplications de femmes inoffensives*. C'est probablement aussi dans les Libyca qu'il parlait d'autres animaux, habitant son royaume : panthères, ânes sauvages, antilopes gnous '", etc.; des histoires extraordinaires qu'on trouve sur eux dans Elien " et Athénée*^ portent la marque de Juba.
La botanique, une de ses études favorites, devait occuper dans ce livre une large place. Nous savons par Athénée'^ qu'il y était question du citron. C'était l'aïeul du roi, Héraclès, qui l'avait fait connaître aux Grecs, car les fameuses pommes d'or, rapportées du jardin des Hespérides, étaient tout simplement des fruits du citronnier.