Conf. les observations de Veith, L c, p
8. Voir une anecdote racontée par Valère-Maxime, VIII, 14, 5.
L AFRIQUE AUX POMPEIENS 37
envers lui de l'avoir sauvée, mais très suspecte aux Pompéiens à cause de ses sympathies pour César *. On peut supposer que Scipion fut aise de l'enfermer dans cette tâche étroite et de se passer de la collaboration immédiate d'un personnage difficile à manier. Il lui laissa une large liberté. Gaton était, non pas un de ses légats, mais un propréteur, qui avait sous ses ordres un questeur, ou, plus exactement, un proquesteur, L. Julius César ^, et qui semble avoir possédé le droit de battre monnaie en son propre nom ^
Les autres monnaies émises alors dans la province^ le furent par ordre et au nom de Scipion. On voit, sur plusieurs d'entre elles, des images représentant l'Afrique, coiffée d'une dépouille d'éléphant, ou une déesse africaine % qualifiée peut-être de G(enius) t(errae) A{fricae). Il était bon de se mettre sous la protection des divinités du pays®. Les hommes méritaient moins d'égards et leurs maîtres d'alors le leur firent bien voir.
Il importait, tout d'abord, de s'assurer contre des trahisons ])0ssibles. On prit des otages; on procéda aussi à des mesures plus rigoureuses. Emprisonnement ou mise à mort de notables, transfert de populations dans des places fortes, destruction de fermes, de bourgs, dévastations dans les campagnes, confisca-
1. Plutarque, Caton, 58. Tite-Live, Epit. l. CXIII. Dion, XLII, 57, 4. Voir aussi Bell. Afric, XXII, 1 ; XXXVI, 1 ; Appien, Bell, civ., II, 95.