‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 43 sur 357 · Brutus · texte numérisé non relu

Brutus

on ne lui prête pas d'autres qualités, surtoutde talents militaires'. Violent et cruel", il était très jaloux de son autorité^, — du moins vis-à-vis des Romains, car il se montrait plus accommodant à l'égard de Juba, — et ne manquait pas de confiance en lui. Caton regretta plus tard de l'avoir fait mettre à la première place ^.

Mais Scipion avait autour de lui beaucoup de gens qui, dans les magistratures, avaient appris à administrer % et plusieurs véritables hommes de guerre. Pélréius, qui avait jadis vaincu Catilina, était un excellent officier. Labiénus était mieux encore. Une longue expérience, acquise dans les campagnes des Gaules, avait développé ses dons naturels : il savait à la fois observer, réfléchir, oser^ Les récits de la guerre d'Afrique attestent qu'il joua alors un rôle fort important comme chef de la cavalerie. Il prit sans doute aussi une très large part à la préparation et à la conduite des opérations : on y trouve des preuves d'une habileté et d'une science qu'il est difficile d'attribuer à Scipion. Celui-ci, en prenant les avis de Labiénus, ne pouvait s'adresser à un meilleur conseiller, à un homme qui connût mieux la tactique de César ^ Peut-être n'écouta-t-il pas toujours, autant qu'il l'aurait dû, ce second, si supérieur à lui, et dont le mérite devait lui donner quelque ombrage \

Quant à Caton, il accepta de garder Utique, reconnaissante

1. César {B. c, III, 31, 1) explique avec ironie comment Scipion avait acquis son titre d'imperator : « Detrimenlis quibusdam circa montera Anianum acceptis, imperatorem se appel laverat. ■■

2. Voir Bell. Afric, XXVIII, 3; XLVl, 1-2; Plutarque, Caton, 58.

3. Valère-Maxime, VllI, 14, 5. Plutarque, Le. i. Plutarque, l. c.

5. Des monnaies frappées par ordre de Scipion en Afrique font connaître deux de ses légats : Eppius et P. Crassus lunianus : il s'agit de M. Eppius, que Gicéron {Ad Attic, VIll, 11 6, 1) qualifie de « vigilantem hominem et industrium », et de P. Licinius Crassus lunianus, qui avait été tribun. Voir Babelon, Monnaies de la Hépubl. rom., I, p. 278-280.

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