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de leur langue : ainsi, l'Astarté que les Carthaginois avaient appelée Tanit Pené BaaP était appelée par eux "Hoa, luno^; Baal Hammon, Kpôvo;, Saturnus *, parfois peut-être luppiler Hammon''. La prise de possession par Rome d'une partie de l'Afrique ne pouvait que donner plus de force à cet usao-e auquel se conformèrent plus tard les Africains eux-mêmes lorsqu'ils se mirent à parler latin.
Avant de renoncer aux noms puniques de leurs divinités ils avaient, sans trop de peine, adopté pour les représenter des types empruntés à l'art grec. Sur des monnaies frappées par des cités de la province d'Afrique, — celles que l'on peut dater appartiennent aux règnes d'Auguste et de Tibère, — des dieux d'origine phénicienne se montrent sous les traits d'Apollon Athéna, Dionysos, Hercule, Neptune, Junon, etc. Ces déguisements étaient sans doute plus anciens. Carthage elle-même en avait donné l'exemple^ Cependant, quelques divinités conservèrent jusque sous l'Empire romain leur physionomie particulière : tel un dieu couronné de plumes, ou coiffé d'une tiare cylindrique cannelée, que l'on adorait à Hadrumète et auprès d'Hammamet^; telle la déesse ailée à tête de lion dont nous avons parlée
Quant aux formes du culte, elles ne paraissent pas s'être modifiées sous la domination romaine. A Sousse^, à El Kenissia^ à Bir bou Rekba'", nous connaissons des sanctuaires qui furent fréquentés pendant des siècles, depuis l'époque
1. On admet, du moins, qu'ils prononçaient ainsi le nom de cette déesse : conf. t. IV, p. 243.