Voir t. II, p
2. Gagnât, Étude histor. sur les impôts indirects chez les Romains, p. 7-8.
i20 LA PROVINCE D'AFRIQUE SOUS LA RÉPUBLIQUE.
Y répandre la civilisation latine, nul n'en avait cure : ce n'était pas pour se vouer à cette tâche que la République avait annexé le territoire de Carthage, et, sauf peut-être C. Gracchus, personne n'y voyait une obligation morale, ni même un moyen d'affermir la conquête. Au contraire, la noblesse pensait, en général, qu'il était dangereux pour les citoyens de Rome de se créer, en dehors de l'Italie, des égaux, c'est-à-dire des rivaux éventuels*.
On laissa donc les indigènes vivre de leur vie. Nous avons dit"^ qu'il n'est pas possible de savoir avec précision quel fut leur état matériel.
La troisième guerre punique, qui dura trois ans, avait évidemment causé une très grave crise économique. De même, les mesures qui suivirent la victoire des Romains : destruction de villes, mort ou réduction en esclavage d'un grand nombre de gens, confiscations de terres.
Puis la province vécut en paix. Elle ne fut pas sérieusement troublée pendant un siècle, jusqu'à la lutte de César et des Pompéiens. Sauf des maraudes de soldats indisciplinés*, la guerre de Jugurtha l'épargna. Quelques désordres, qui éclatèrent en 84, quand des Syllaniens essayèrent vainement de se rendre maîtres du pays, une rapide campagne de Pompée en 81 contre des Marianistes ne semblent pas avoir eu pour VAfrica des conséquences trop fâcheuses. Des villes qui avaient été rasées en même temps que Carthage * s'étaient relevées : Glupea^, Néapolis % probablement d'autres encore. Les campagnes étaient bien cultivées; les blés qui ne servaient pas à l'ali-