‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 122 sur 142 · Bell. Afric. II · texte numérisé non relu

Bell. Afric. II

mentation des provinciaux étaient achetés pour celle de Rome.

On peut croire que, comme ailleurs, les préteurs et anciens préteurs qui se succédaient d'année en année étaient tentés de refaire aux dépens d^ leurs administrés une fortune compromise par les frais des élections et des magistratures urbaines. Cicéron* dit que l'Afrique eut, de même que les autres provinces, bien des gouverneurs coupables. Nous en connaissons deux, Fabius Hadrianus et Catilina; le premier fut brûlé vif dans sa résidence d'Utique par des citoyens romains^; parmi les accusateurs du second, figurèrent des chevaliers ^ D'autres eurent peut-être l'adresse de ne léser que des Afri, des Poeni, gens nécessairement plus patients, et de s'assurer ainsi l'impunité. Cependant tous les gouverneurs ne se firent pas la réputation d'hommes de proie : Lucullus laissa même d'excellents souvenirs *. Et Gicéron jugeait bon de rappeler à son frère Quintus ^ que l'administration provinciale comportait des devoirs vis-à-vis des sujets de Rome, même quand il s'agissait de peuples cruels et barbares, tels que les Africains.

Il est vraisemblable aussi que, comme dans les autres provinces, les publicains ne se faisaient pas faute d'exiger plus que leur dû, et les banquiers de prêter de l'argent à des taux fort usuraires ; que, d'ordinaire, les gouverneurs fermaient les yeux, quand ils n'étaient pas complices, car il eût été pour eux maladroit et dangereux de se brouiller avec des personnages de l'ordre équestre ^ Mais, si nous pouvons supposer que les choses se passaient ainsi, les preuves nous font défaut en ce qui concerne l'Afrique.

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