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2. Salluste a pu faire des emprunts indirects à Rutilius par l'intermédiaire de Posidonius; celui-ci s'était servi de V Histoire romaine que Rutilius avait écrite ea grec : voir Athénée, IV, 66 (p. 168, d).
JUGURTHA MAITRE DE LA NUMiDIE. 127
de celte guerre; Claudius Quadrigarius et Valérius Aiitias, un peu plus récents; C. Licinius Macer et Q. /Elius Tubéron, contemporains de César. A propos de Sylla, il mentionne L. Cornélius Sisenna', auteur d'une histoire qui prenait fin en 78 et que lui-même continua, après avoir publié le Bellum lugurlhinum . Il fait l'éloge de son devancier, tout en lui reprochant de n'avoir pas jugé le dictateur avec assez d'indépendance. Mais il est à peu près sûr que l'ouvrage de Sisenna ne comprenait pas le récit de la guerre de Jugurtha et ne débutait qu'à la guerre sociale, quinze ans après la chute du roi numide ^
On ne peut donc indiquer avec certitude aucune des sources latines du Bellum lugurthinum. Mais il y a tout lieu de croire que Salluste s'est servi de VHistoire écrite en grec par le célèbre Posidonius d'Apamée^ Celui-ci, continuant Polybe, avait raconté en 52 livres les événements qui s'étaient passés depuis l'année 144 jusqu'à la fin de la dictature de Sylla, peutêtre même jusqu'au premier triumvirat. Il n'avait sans doute pas visité l'Afrique, mais il avait recueilli, — nous ignorons à quelles sources, — d'abondants renseignements sur la géographie, la faune et la flore de cette contrée, sur les mœurs de ses habitants. Strabon en a fait assez largement usage*. Quant au récit des événements, 'e compilateur Diodore de Sicile, qui, pour cette époque, suit de près Posidonius, nous permet d'entrevoir la valeur de celui-ci comme historien. Malheureusement, en ce qui concerne la guerre de Jugurtha, il ne nous reste que quelques pauvres fragments de Diodore.
Nous constatons, cependant, que, comme Salluste, il nous