Bell. A fric, VIII, 3; XXXIV
3. Ibid., XGVIl, 1. Appien, Bell, civ., II, 100. Dion Cassius, XLIII, 9,2. Pseudo- Cicéron, Invective contre Salluste, 7, 19.
4. Veau avec César tout à la fin de l'année 47, il était de retour à Rome un certain temps avant l'assassinat du dictateur (mars 44), puisque, accusé de concussions, il échappa à une condamnation grâce à l'intervention de César (Invect.,
.1UGU1{THA MAITRE DE LA NUMIDIE. i25
qu'il eut à gouverner, — ■ et qu'il s'occupa surtout de rançonner — ne comprenait que la partie de la Numidie la plus proche de l'ancienne province d'Afrique : on y trouvait les villes de Zama, de Vaga, de Sicca, qui avaient tenu une place dans la guerre de Jugurtha. Peut-être Salluste avait-il aussi visité Capsa, prise par Marins'. Mais il ne connaissait pas Cirta (aujourd'hui Gonstantine) : on peut le soupçonner de l'avoir crue beaucoup plus proche de la mer qu'elle ne l'est en réalité ^ et il n'aurait certainement pas écrit que Jugurtha, assiégeant la ville, l'entoura d'un fossé et d'un retranchement ^ s'il .avait pu s'assurer par lui-même que Cirta était bâtie sur un rocher, bordé partout, sauf au Sud-Ouest, de larges et profonds précipices''. Il ignorait aussi la position des Autels des Philènes, limite séculaire de l'Afrique carthaginoise et de l'Afrique grecque, au fond de la grande Syrte^
/. c). Conformément a une loi rendue dans la seconde moitié de l'année 46, loi qui décida que les gouvernements provinciaux confiés à d'anciens préteurs n'excéderaient pas une durée d'un an (Dion Gassius, XLllI, 25, 3; Cicéron, Philipp., I, 8. 19), Sallusle avait sans doute quitte l'Afrique en mai 45 [en fait, après un proconsulat de quatorze mois, l'année 46 ayant été allongée, pour que le calendrier fût remis en ordre].
1 Les indications qu'il donne sur ce lieu sont exactes.
2. Au chapitre XXI, 2, il parle d'une bataille qui eut lieu « haud longe a mari, prope Girtam oppidum ». Au chapitre G, 1, il dit que Marins décida de prendre ses quartiers d'hiver « in oppidis maritumis », et il nous le montre (GII, 1) se dirigeant vers Girta, « quo initie profeclus intenderat ». Ayant établi son armée en quartiers d'hiver (GUI, 1), Marius va faire une expédition, puis revient à Cirta (CIV, 1). Or Cirta est à 65 kilomètres de la mer, à vol d'oiseau, et Pomponius Mêla (I, 30) a raison de dire de cette ville, contrairement à Salluste : « Girta procul a mari ». 11 est vrai que, dans l'indication des distances, Salluste emploie souvent des expressions très vagues. D'autre part, il n'est pas prouvé qu'il compte Girta au nombre de ces oppida marituma dont il parle au chapitre C. Peut-être Marius, après avoir occupé Girta, cantonna-t-il ses troupes dans des lieux plus voisins du littoral; en tout cas, Sylla, auquel il laissa le commandement pendant son expédition (CIII, 4), ne se trouvait pas à Girta lors de son retour (CIV, i).
3. Jug., XXIII, i : « Vallo atque fossa moenia circumdat ». Au chapitre XXV, 9, Salluste, mentionnant une tentative d'assaut, écrit ; « Exercitu circumdato... Girtam inrumpere nititur ».
4. Voir le plan de Girta dans Gsell, Atlas archéol. de l'Algérie, f« 17, Gonstantine, p. 16.
5. XIX, 3. Après Gyrène, il indique (vers l'Ouest) : « duae Syrtes interque eas Leptis, deinde Philaenon arae..., post aliae Punicae urbes ». Voir aussi chapitres
Gsell. — Afrique du Nord. VII. ■ 9
Quand Salluste composa le Bellimi lugurthmum^ près de soixante-dix ans s'étaient écoulés depuis cette guerre. Il ne put donc faire usage de renseignements oraux, demandés à des témoins directs.
Il ne nomme qu'une seule de ses sources écrites, et pour une digression relative aux prétendues origines des peuples africains; il y reproduit les assertions d'un livre en langue punique du roi numide Hiempsal * : on lui avait sans doute signalé et traduit cet ouvrage à Zama, qui avait été la capitale de Juba I", fils d'Hiempsal, et qui, peut-être, était devenue le chef-lieu de la nouvelle province. Pour la guerre même de Jugurtha, rien n'indique qu'il ait eu recours à des livres composés par des Africains, à supposer qu'il y en eût.
Trois Romains éminents, qui avaient joué un rôle dans cette guerre, écrivirent leurs mémoires : M. /Emilius Scaurus, P. Rutilius Rufus, enfin Sylla, le dictateur. Salluste a pu consulter Rutilius et Sylla : par exemple, le premier pour le récit détaillé qu'il donne de la bataille du Muthul, à laquelle Rutilius prit une part importante, le second pour les négociations dont Sylla fut chargé auprès du roi de Maurétanie Bocchus. Mais, à vrai dire, nous n'en savons rien et nous n'en pouvons rien savoir-. Quant à Scaurus, notre auteur lui prête des menées déshonorantes, que ce personnage ne s'attribuait évidemment pas dans ses mémoires.
Nous ignorons également si Salluste a fait usage de divers annalistes romains, dans les ouvrages desquels figurait le récit de la guerre de Jugurtha : Sempronius Asellio, contemporain
LXXVIII-LXXIX, d'où il résulte qu'il place les Autels dans la même région que Leptis, située, dit-il, « inter duas Syrtes ». Il indique cependant qu'ils étaient beaucoup plus rapprochés de Cyrène que de Carthage : cela aurait pu le convaincre qu'ils n'étaient pas en deçà de la grande Syrte par rapport à Carthage.