‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 13 sur 142 · Bell. Afric, LVI · texte numérisé non relu

Bell. Afric, LVI

Exactement délimitée par le creusement du fossé royal, la province d'Afrique fut soumise à une vaste opération d'arpentage, qui paraît bien avoir été décidée dès l'annexion.

Nous n'avons aucune preuve que les Carthaginois aient constitué un cadastre officiel de leur territoire. Ils n'en avaient pas besoin pour lever sur leurs sujets des impôts qui consistaient en parts de récoltes'. D'ailleurs, si ce cadastre avait existé lors de la chute de Carthage, le gouvernement romain se serait sans doute épargné la peine de le refaire. Or, c'est sur une base toute romaine que repose le cadastre que nous trouvons établi dans l'Afrique du Nord, depuis le second siècle avant J.-C. jusqu'à la lin de l'Empire : sur la centurie {centuria), dont le nom désignait primitivement un ensemble de cent heredia^ propriétés patrimoniales de deux jugères chacune^, Vheredium ayant été jadis la part attribuée à chaque chef de famille sur le territoire de la ville de Rome^

Nous devons indiquer ici, brièvement, comment les Romains procédaient à l'arpentage, fondement du cadastre.

Il s'agissait de partager une surface donnée en un certain nombre d'unités égales, au moyen d'un réseau de lignes droites. On tirait tout d'abord deux lignes maîtresses, perpendiculaires l'une à l'autre et se croisant : le decumanus maximus, dans le sens de la longueur, et le cardo maximus. Puis on traçait le nombre nécessaire de lignes, decumani et cardines, parallèles à ces axes et enfermant des espaces quadrangulaires de dimensions uniformes, appelés centuries. Le terme « ligne », dont

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