‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 15 sur 142 · Comme l'a montré Barthel, l. c, p · texte numérisé non relu

Comme l'a montré Barthel, l. c, p

3. Nous verrons plus loin que les territoires des villes libres paraissent n'avoir été soumis aune centuriation que sous l'Empire. Elles étaient assez nombreuses entre Iladrumète (Sousse) et l'entrée du ^olfe de Gabès : outre Hadrumète, c'étaient Leplis la Petite, Thapsus, Acholla, Usula. On peut se demander, cependant, si les restes de la centuriation impériale, constatés au Sud de la région de Sousse, se trouvent tous sur les territoires de ces villes maritimes. Ils s'étendent, en effet, assez loin du littoral. C'est ainsi qu'on en rencontre à proximité de Thysdrus (El Djem). Or, Thysdrus, située à une quarantaine de kilomètres de la mer, entre la ville libre d'Acholla et la frontière de la province, ne devait pas être sur le territoire d'une ville libre : en 46 avant J.-C, c'était une civitas, que Jules César condamna à une amende particulière (Bell. Afric, XCVII, 4). D'autre part, on n'a pas constaté, dans le Sud de VAfrica velus, de traces certaines de la centuriation qui doit être attribuée à l'époque républicaine et qui date sans doute de la constitution de la province (les indices que Barthel, L c, p. 60, croit en avoir retrouvés au S.-O. de Mahdia sont très douteux). 11 se peut donc que cette centuriation n'ait pas dépassé au Sud la région de l'Enflda, où elle devait rencontrer le territoire d'Hadrumète. .\u delà, le terri-

Des découvertes épigraphiques et l'étude des excellentes cartes dressées par le Service géographique de l'Armée ont fait connaître en Tunisie deux centuriations antiques, qui avaient délimité l'une et l'autre des centuries carrées de 2400 pieds de côté, mais qui étaient orientées de manière différente.

L'une d'elles, œuvre vraiment admirable, a été révélée par des bornes découvertes en place dans le Sud tunisien, près du chott el Fedjedje^ Ces bornes furent dressées sous le règne de Tibère par des arpenteurs appartenant à l'armée d'Afrique. D'après les indications numérales qu'elles portent, on a pu reconstituer le système auquel elles appartenaient-. Le decumanus maximus, orienté du Nord-Ouest au Sud-Est, s'étendait d'un point du littoral situé entre Philippeville et Bône, jusqu'à un point de la petite Syrte voisin de Gabès ; le cardo maximus, qui le coupait à angle droit dans la région de Thala, aboutissait, au Nord-Est, dans le voisinage du Cap Bon.

Les bornes si heureusement retrouvées peuvent fort bien dater d'une époque postérieure à l'établissement de ce système, qui a dii être développé à mesure que l'occupation militaire progressait vers le Sud. Mais il est certain que nous sommes ici en présence d'une centuriation postérieure à l'année 46 avant J.-C, à la création de la province à'Africa nova. Le decumanus maximus est entièrement en dehors de la vieille province. Son point de départ au Nord-Ouest paraît bien coïncider avec la limite orientale du territoire de Cirta', constitué en 46auprofitdu condottiere Sittius et de ses compagnons : territoire qui, à l'origine, ne dut pas appartenir à la nouvelle province^, et qui, quand il y fut rattaché,

toire romain, pas plus que les territoires des cités libres, n'aurait été mesuré, La question ne peut être actuellement résolue.

i. C. /. L., VllI, 22786, a-l. Une autre borne a été trouvée plus au Nord-Ouest, dans le Bled Segui (iftid., n" m); une autre, plus au Nord-Est, à Graïba, non loin du littoral (G /. L., 22789).

2. Cette reconstitution est due à Bartliel, l. c, p. 72 et pi. L

3. Pour l'emplacement de cette limite, voir Gsell, Inscr. lat. de VAlgérie, I, 134.

4. En tout cas, Salluste, premier gouverneur de VAfrica nova, ne visita pas Cirta : la façon dont il en parle le prouve (u. infra, p. 125^.

i6 LA PROVINCE d'AFIUQUE SOUS LA RÉPUBLIQUE.

continua à former une sorte de petit Etat, exempté très probablement de l'impôt foncier. Dans cette vaste opération, confiée ■à des arpenteurs militaires, ce n'est peut-être pas le hasard qui a fait passer le cardo maximus par Ammœdara (Haïdra), lieu de séjour de la légion d'Afrique à la fin du règne d'Auguste'.

Il est vrai que cette centuriation se retrouve dans la province créée en 146^; la direction et l'espacement de certains chemins encore en usage l'attestent : ce sont les vieux chemins romains qui séparaient les centuries. On s'est demandé" si, dans quelques régions, elle ne s'était pas superposée à une centuriation plus ancienne. Hypothèse qui n'invoque que des faits douteux et qui n'est guère vraisemblable, car l'amour de la symétrie n'eût pas justifié les frais et le trouble qu'aurait causés l'établissement d'un nouveau cadastre. La mensuration qui peut être attribuée au début de l'époque impériale ne fut sans doute exécutée dans la vieille province que là où les arpenteurs n'avaient pas encore travaillé. De fait, les traces certaines qu'elle a laissées ne se rencontrent que dans le Sud, en arrière des villes maritimes qui avaient été déclarées libres en 146* : leur liberté fut beaucoup diminuée sous l'Empire et ne comporta plus que rarement l'immunité de l'impôt foncier, pour l'assiette duquel un cadastre, par conséquent une mensuration, étaient nécessaires.

L'autre système de centuriation n'a été constaté que dans la vieille province. Il y a déjà un siècle que Falbe^ en a

1. Ce qui me parait avoir été démontré par de Pachtere, C. r. Acad. Inscr., 1916, p. 273 et suiv. (eonf. Gsell, Inscr., I, p. 286). La légion fut peut-être établie à Ammeedara à la suite d'une guerre contre les Gélules, qui se termina en l'an 6 après J.-C. : voir t. VIII, 1. II, ch. ii, § III.

2. Voir Barlliel, l. c, p. 57-59, 70. Au Nord, à l'Ouest et au Sud de Sousse; dans le Sud de la province, surtout entre El Djem et Mahdia.

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