‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 37 sur 142 · V. supra, p · texte numérisé non relu

V. supra, p

5. Dans un document du règne d'AuguslP, Pline l'Ancien a trouvé une liste par ordre alphabétique d'une trentaine à'oppida libéra de la province d'Afrique : il l'a reproduite (V, 30, où 18 villes sont énumérées; il en a distrait les autres, dont il a indiqué la qualité d'oppidum liberum au fur et à mesure qu'il les a nommées dans sa description de la Numidie et des côtes : V, 22, 24 et 25). Il s'agit de villes qui ne jouissaient certainement pas de l'immunité d'impôts, accordée, au contraire, à Theudalis, une des cités libres de l'époque républicaine : dans Pline (V, 23), elle est qualifiée expressément à'immune oppidum. Parmi ces oppida libéra, figurent quatre des populi déclarés liberi en 146: Hadrumète, Leptis (la Petite), Thapsus, .Acholla (ville maritime que Pline a prise pour un lieu de l'intérieur). Barthel (Zur Geschichte der rcimischen Stcidte in Africa, p. 28 et suiv., 34-35, 40; Hom. Limitalion in der Provin: Africa, p. 83) a soutenu, en s'appuyant sur des raisons très sérieuses, que le document copié par Pline mentionnait, non pas toutes les cités de conditions diverses qui existaient dans la province d'Afrique, mais seulement celles qui avaient reçu sous Oclave-Auguste le statut qu'elles possédaient lors de la rédaction de ce document (probablement antérieur d'un certain nombre d'années à la mort de l'empereur). Si cette opinion est fondée, il faut en conclure : l" qu'Hadrumète, Leptis, Thapsus et Acholla avaient été privées de la libertas dont elles jouissaient sous la République; 2° qu'.\uguste la leur avait rendue, mais très diminuée, puisqu'elle ne comportait

VILLES LIBllES, SUJETS, CITOYENS ROMAINS. 41

que Rome concéda en 146 aux sept « peuples » fut beaucoup plus large.

Leur territoire ' ne fut pas compris dans le domaine du peuple romain ^, domaine qui embrassait toute la province à l'exception de ces enclaves. Aussi ne le soumit-on pas à la grande opération d'arpentage, à la centuriation qui, selon toute apparence, fut décidée dès l'annexion ^ Nous n'avons pas de renseignements précis sur l'étendue des territoires des divers peuples libres'; quelques indices permettent de croire que celui d'Hadrumète s'avançait assez loin de cette ville vers le Nord-Ouest^ et vers le Sud''.

Ces territoires, sur lesquels Rome ne se reconnaissait aucun droit de propriété, étaient exempts de tout impôt foncier^ L'impôt de capitation ne fut certainement pas appliqué non plus aux sept peuples. Leurs cités, sur lesquelles Carthage

plus l'immunité d'impôts (Barthel, Zur Geschichte, p. 36). Quant à Theudalis, elle aurait recouvré cette immunité, après en avoir été privée (i6Jd., p. 38).

1. ■< Ager intra finis populorum leiber[o]runi, etc. » : loi de 111, 1. 79.

2. Cicéron, Leg. agr., 11, 22, 58 : « agros in ora marituma,... quos P. Africanus populo Romane adiudicarit ». D'où l'on peut conclure qu'il existait, sur le littoral, des terres que Scipiou et les décemvirs n'avaient pas comprises dans le domaine du peuple romain. C'étaient les territoires des cités libres.

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