Conf. t. II, p. 106, n
7. Plus vraisemblablement du i" siècle (conf. t. IV, p. 243, n. 7) que du second
S'il y avait, dans les bourgs et les villes, de véritables magistrats, ils devaient exercer une juridiction civile, d'ailleurs restreinte; les procès importants auraient été réservés au gouverneur, qui, le plus souvent, en aurait chargé des mandataires. En tout cas, les provinciaux conservèrent leur droit : quand ils étaient jugés par des Romains, c'était affaire à ceux-ci de s'entourer d'assesseurs capables de les éclairer.
Les sujets de Rome furent-ils plus heureux que leurs pères ne l'avaient été sous la domination carthaginoise? Pour répondre à cette question, il faudrait connaître le taux des impôts qu'on exigeait d'eux, savoir jusqu'où allaient les abus que se permettaient les percepteurs de ces impôts, les gens de guerre, les gouverneurs et leur entourage, et aussi, peut-être surtout, les autorités locales : toutes choses que nous ignorons.
La République ne se souciait pas d'améliorer le sort matériel et moral des indigènes; elle leur demandait seulement de s'acquitter de leurs obligations et de se tenir tranquilles, même quand ils avaient des motifs d'être mécontents.
Certains d'entre eux reçurent, en récompense de leurs services militaires, le droit de cité', qu'ils transmirent à leurs enfants. Ces Romains de fraîche date devaient avoir quelque désir de justifier, par feurs mœurs, leur condition nouvelle. Comme on n'a retrouvé, dans toute l'étendue de la vieille province d'Afrique, aucune inscription latine qui les concerne, c'est une assez bonne raison de croire qu'ils n'étaient pas fort nombreux.
(comme je l'ai supposé t. II, p. 106, n. 4, et p. 302, n.2).— Le « senatus populusque Cur... » [le reste du nom de la cité manque] et des sufètes sont mentionnés dans une inscription latine d'Afrique (C. /. L., VIII, 10525), qui, d'après l'orthographe, est, au plus tard, de l'époque d'Auguste. Elle porte une date consulaire, malheureusement mutilée : « G. Gaesar[e...] ». S'il s'agit de César le dictateur, il conviendrait d'adopter l'année 45. Mais M. Barthel (Zur Gt:sc/uc/i<e, p. 39) propose de reconnaître ici le fils adoptif d'Auguste, C. Caesar, qui fut consul en l'an 1 après J.-C.