Voir t. I, p
2. Loi de 111, 1. 61 : « ... quantum numer[um... a lllviris coloniae dedujcendae in Africa hominuin in coloniam coloniasve deduci oportuit licuitve. » Conf. Mommsen, l. c, p. 122. Peut-être s'était-on rendu compte qu'il conviendrait de créer plusieurs centres pour des milliers de gens appelés à cultiver des terres dont beaucoup seraient nécessairement fort éloignées de Carthage. En fait, seule la colonie de Carthage fut fondée. Et même, le passage de la loi de U 1 que nous venons de citer prouve que les triumvirs reçurent le titre de Illviri coloniae deducendae (au singulier).
3. Les colons étant arrivés à Carthage dès le début du printemps de 122 (u. infra), il est impossible d'admettre que la loi ait été votée cette année-là, comme Plutarque (C. Gracchus, 10) paraît le croire (voir aussi Epitome de Tite-Live, 1. LX). Velléius Paterculus (1, Lo, 4), Eutrope (IV, 21), Paul Orose {Adv. pagan., V, 12, 1) indiquent l'année 123 pour la fondation de la colonie. C'est la date du vote de la loi. Si Rubrius était entré en charge le 10 décembre 123, il n'aurait pas eu le temps, eu égard aux délais légaux, de faire voter sa proposition avant la fln de l'année (voir Judeich, Histor. Zeitschrift, CXI, 1913, p. 486, n. 2). Il est donc certain qu'il fut tribun du 10 décembre 124 au 9 décembre 123, en même temps que C. Gracchus, alors tribun pour la première fois.
4. Loi de 111, 1. 59. Plutarque, l. c. Il semble bien que ce soit cette loi que mentionne la lex Acilia repetundarum, 1. 22 (C. /. L., I, 198).
* 5. Eutrope (IV, 21) prétend que Carthage fut relevée par ordre du Sénat, iussu senatus. C'est une erreur. Appien, qui s'est servi d'une source très hostile à Gaïus, donne aussi des indications inexactes. C. Gracchus, dit-il (Lib. 136), étant tribun et des troubles ayant éclaté par suite de la famine, l'envoi de 6 000 colons en Afrique fut décidé. Appien raconte, d'autre part (Bell, civ., I, 24), que Gracchus et Fulvius allèrent en Afrique pour préparer l'installation de la colonie : on les aurait choisis pour cette mission, afin qu'en l'absence de ces fauteurs de désordres, le Sén&t eût quelque répit.
6. Appien dit, d'une part (Li6., 136), qu'on décida d'envoyer 6000 colons en Afrique; d'autre part {Bell, civ., I, 24), que Gracchus et Fulvius, s'étant rendus dans cette contrée, tracèrent le plan d'une ville pour 6000 colons, quoiqu'un chiffre moins élevé eût été fixé par la loi. Cette dernière indication parait être exacte : d'un lambeau de la loi de 111 (I. 61), on peut inférer que le chiffre prescrit fut, en effet, dépassé.
200 jugères', ce qui était la superficie d'une centurie (un peu plus de 50 hectares). Le peuple élut ensuite trois magistrats extraordinaires pour fonder la colonie, Illviri coloniae deducendae^. L'un d'eux fut G. Gracclius^ réélu tribun pour l'année suivante; on ignore le nom des deux autres, car, malgré une assertion d'Appien\ il est douteux que l'un d'eux ait été M. Fulvius Flaccus, chaud partisan des Gracques, collègue de Gaïus depuis 130 comme triumvir pour la distribution des terres publiques en Italie, consul en 125 et tribun, comme Gaïus, en 122 : Plutarque^ dit, au contraire, que Fulvius n'accompagna pas Gaïus à Garthage.
Il fallait constituer le vaste territoire de la future colonie. Si, comme nous le croyons, le sol de la province était déjà partagé en centuries^, les travaux préliminaires pouvaient se faire assez vite : une fois les centuries choisies, il suffisait d'y découper des lots. Mais une partie de ces centuries étaient occupées par des indigènes, auxquels on devait assurer des compensations ailleurs, sur le domaine du peuple romain. 11 convenait de préparer des abris pour ces milliers de gens qui allaient arriver. En Italie, il fallait choisir et rassembler les colons. Gaïus et ses collègues paraissent en avoir recruté 6 000^, chiffre supérieur à celui qui avait été fixé par la loi Rubria**. Les uns étaient des citoyens romains', les autres, des Italiens *"; on ne sait si les triumvirs avaient reçu le droit de conférer à ceux-ci la cité romaine*'.