Plutarque, l. c
5. Barthel {Limitation, p. 78) fait remarquer justement que tous les colons ne
GsELL. — Afrique du Nord. VII. 5
Elle fut établie sur le sol même de la Carthage punique', malgré la consécration de Scipion, Elle reçut le nom de lunonia'^: les Romains identifiaient avec leur luno la divinité principale des Carthaginois, Tanit Pené Baal, et il est à croire qu'en appelant ainsi la nouvelle Carthage, C. Gracchus voulut attirer sur elle la protection de la déesse qui avait régné sur l'ancienne \
Par la voie du sort, les triumvirs répartirent entre les colons les lots de terrain, sur les centuries et aussi sur les subsécives *; ils les en constituèrent propriétaires ^ Tous ces lots convenaient à la culture, — on n'en distribuait pas d'autres lors de la fondation des colonies^ — mais ils n'étaient pas tous d'égale valeur : ce dont on dut tenir compte pour en fixer la superficie ; il semble que le maximum de 200 jugères, prescrit par la loi Rubria, ait été parfois dépassé'. Cependant, en général, les lots durent être bien moins étendus. En Italie, ceux que l'on assignait alors sur le domaine public étaient seulement de 30 jugères ^ Cela eût été tout à fait insuffisant en Afrique pour assurer, parla culture des céréales, l'existence d'une famille : une vingtaine d'années après, un tribun proposa d'attribuer à des vétérans, dans cette province, des lots de 100 jugères^ (un peu plus de 23 hectares).
pouvaient pas à la fois habiter Carthage et cultiver leur lot de terre (conf. supra^ p. 59, a. 2).
1. Appien, Bell, civ., I, 24. Tite-Live, Epit. l. LX : « in solodirutae Garthaginis ». Le plan très régulier dont on constate l'existence dans les ruines de la Carthage romaine, sur l'emplacement de la Carthage punique (voir Saumagne, Bull, archéol. du Comité, 1924, p. 121-140), fut établi, non pas à cette époque, mais sans doute seulement lors de la fondation de la colonie d'Octave, en 29 avant J.-G. : voir t. VIII, 1. I, ch. v, § III.