‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 99 sur 142 · V. supra, p · texte numérisé non relu

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3. Il est probable que les Pompéiens agirent ainsi pendant la guerre civile.

leurs eux-mêmes, — c'eût été trop compliqué, — mais à des négociants, à des sociétés, avec lesquels il passait des marchés pour la fourniture de quantités déterminées de grains, et qui disposaient du personnel, des intermédiaires, des moyens de transport nécessaires à leurs opérations, soit dans la province même ^, soit en Numidie. Ces achats, il pouvait les faire à Rome. Mais il est certain qu'il en faisait aussi en Afrique ^; dans ce cas, il lui fallait conclure d'autres marchés pour le transport par mer^ D'ailleurs, publicains disposant des dîmes, grands marchands de blé, armateurs ^ devaient souvent s'associer, ou même se confondre, se réservant les affaires importantes. Et ce n'était sans doute pas seulement aux besoins de Tannone officielle qu'ils pourvoyaient; il est à croire qu'ils achetaient aussi et exportaient des grains pour les vendre à leur propre compte sur les marchés libres de Rome et d'autres villes d'Italie. L'agriculture africaine trouvait ainsi des débouchés sûrs. Les producteurs, il est vrai, en profitaient beaucoup moins que les trafiquants et les spéculateurs, qui pouvaient s'entendre pour leur imposer des prix peu élevés.

César, ayant débarqué dans la région d'Hadrumète, n'y trouva pas le bois dont il avait besoin pour fabriquer des machines de guerre ^ A ce pays convenaient bien les termes ager arbori infecundus que Salluste ® applique inexactement à l'ensemble de l'Afrique septentrionale. Au contraire, les arbres abondaient dans le voisinage d'Utique^ C'étaient peut-être

1. Bell. Afric, XXXVI, 2 : mention de negotiatores Italici, qui recueillent, dans la région de Thysdrus, des blés, destinés à servir aux approvisionnements des Pompéiens.

2. Quintilien, XI, 1, 80 : en 49, vElius Tubéron aurait été envoyé par le Sénat en Afrique, « non ad bellum, sed ad frumentum coemendum ». L'État était évidemment propriétaire des blés qu'il confiait à des armateurs pour les transporter d'Afrique à Rome : voir note suivante.

3. Varron, Rust., II, praef., 3 : « Frumentum locamus qui nobis advehat... ex Africa. »

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