Ibid., LXV, 1. Conf. t. IV, p
10. On ne doit pas, d'ailleurs, exagérer ces ressources. Lors de la guerre de Jugurtha, la province ne suffit pas pour nourrir les armées de quelques dizaines de milliers d'hommes, qui combattaient en Numidie; il fallut transporter des vivres par mer : Jag., XXXVI, 1; XLIIl, 3; C, 1.
11. Cicéron, De imp. Cn. Pompei, 12, 34 : « Siciliam..., Africam..., Sardiniam..., haec tria frumentaria subsidia rei publicae ». César, Bell, civ., II, 32, 3 (discours de Curion à ses troupes) : « Caesar... provincias Siciliam atque Africam, sine quibus urbem atque Italiam tueri non potest, vestrae fldei commisit. » Varron, Rust., II, praef., 3 : « Frumeutum locamus qui nobis advehat, qui saluri fiamus ex Africa et Sardinia. »
étaient très élevés^ que l'Etat achetait des grains et les faisait vendre à perte par les édiles.
Mais, depuis l'année 123, il se chargea, pour une large part, de l'annone, c'est-à-dire du ravitaillement en blé de la capitale, soit par des ventes à bas prix, dont pouvaient bénéficier tous les citoyens, soit par des distributions gratuites aux indigents et à ceux qui étaient réputés tels, la quantité de blé vendue ou allouée à chacun tous les mois étant de cinq boisseaux (près de 44 litres). Jusqu'à Jules César, il y eut toute une série de lois frumentaires, du reste mal connues \ les unes inspirées par le désir de complaire au peuple, les autres par le besoin de réduire des dépenses excessives. Nous savons qu'en 63 avant J.-C, ces dépenses s'élevaient à trente millions de sesterces; que, peu d'années après, 320.000 citoyens recevaient gratuitement les cinq boisseaux mensuels ; César, en 46, réduisit leur nombre à 150.000.
Une partie des blés que la province d'Afrique fournissait au service de l'annone étaient peut-être exigés des sujets à titre d'impôt : l'État, représenté par le questeur, les aurait reçus des fermiers chargés de percevoir cet impôt, moyennant un pourcentage sur leurs recouvrements*. Mais ce n'est là qu'une hypothèse. D'autres blés devaient être achetés : les dîmes perçues sur les terres du peuple romain étaient la propriété des publicains auxquels des magistrats les avaient adjugées à Rome ; après déduction des impôts ou des redevances, les récoltes appartenaient pleinement aux agriculteurs. L'Etat pouvait réquisitionner des blés en les payant : ce à quoi il ne se décidait que dans des circonstances exceptionnelles; on ignore s'il eut l'occasion de le faire en Afrique ^
En général, il se contentait d'acheter, non pas aux produc-
1. Pour ces lois, voir Marquardt, Rôm. Staatsverwaltung, 2* édit., II, p. 114-8; Rostowzew, dans la Real-Encyclopàdie de Pauly-Wissowa, VII, p. 173-5.